Imatges de pàgina
PDF
EPUB

cher des troupes de Damas et d'Alep au secours d'Yzz-ud-din, et fit dresser plusieurs diplômes d'investiture de fiefs dans le Roum; mais il reçut, peu après, une seconde lettre du sultan, avec l'avis que sur la nouvelle de son alliance avec l'Egypte, ses ennemis s'étaient retirés, et qu'il allait assiéger Conia, occupée par les troupes de son frère (i). Houlagou donna l'ordre de le faire périr. Yzz-ud-din qui, se méfiant de la perfidie du ministre de son frère, se tenait sur ses gardes, sut qu'on cherchait à lui nuire, et partit avec de riches présents pour la cour de Houlagou. Ses ennemis, dès qu'ils le surent en route, postèrent des troupes sur son passage pour l'arrêter. Yzz-ud-din envoya des ambassadeurs à son frère qui les fit emprisonner; alors il prit le parti de se réfugier, par mer, à Constantinople (2). Il fut bien accueilli de Michel Paléologue, qui venait de reprendre cette capitale, dont les Francs avaient eté maîtres pendant cinquante - sept ans. L'empereur grec redoutait trop la puissance des Mongols, pour vouloir donner à Houlagou le moindre sujet de mécontentement. Il méditait,

[ocr errors]

au contraire, de s'assurer sa protection par une alliance de famille. Il lui fit conduire l'une de ses filles naturelles, qui apprit en route la mort de Houlagou (i); mais Abaca, comme on l'a vu, la mit au nombre de ses femmes, et consentit à faire un traité d'alliance avec l'empereur grec. Alors Yzz-ud-din, qui avait langui à Constantinople dans une longue attente, perdit l'espoir de se voir rétablir sur le trône du Roum par l'assistance de l'empereur. Michel Paléologue devant s'absenter de Constantinople, avait jugé à propos de reléguer le sultan à Enos, petite ville maritime, et de l'y faire secrètement surveiller, craignant qu'il ne sortit de l'empire. Peu après, en ia65, une armée composée de troupes du Khan

(i) « Ce n'est point par la crainte de nos armes, ni « par l'emploi de nos forces, dit ici l'historien Pachy« mères ; que nous cherchons à réprimer la férocité des « Tartares, si funeste aux Chrétiens, et ils savent que « nous n'y avons aucune confiance; mais c'est en solli« citant leurs bonnes grâces, ou, pour nous exprimer « sans détour, en les honorant par des complaisances ser« viles et par des liens de parenté, en les enrichissant « par des présents qu'on leur envoyé sans cesse, et « auxquels est employé ce que nous possédons de plus « précieux. »

mongol Bercaï, et de Bulgares ses vassaux, franchit le mont Hœmus, ravagea les provinces septentrionales de l'Empire, pénètra jusqu'à Énos et délivra Yzz-ud-din (i). Ce prince partit pour la cour de Bercaï; mais il apprit, en Crimée, la mort du Khan qu'il regardait comme son libérateur. Mangou-temour, qui lui succéda, donna au sultan un apanage en Crimée. Yzz-ud-din s'y fixa et y mourut en 1279. Son frère Rokn-ud-din, devenu seul maître du Roum, ne règna que de nom; le Pervané s'était emparé de toute l'autorité. Ce ministre s'apercevant que son maître supportait impatiemment la nullité à laquelle il se voyait réduit, résolut sa perte. Il prodigua les présents aux généraux mongols, et manda à la cour que Rokn-ud-din avait l'intention de se révolter. Autorisé, sur ce rapport, à s'en défaire, il le fit étrangler avec une corde d'arc, dans un banquet auquel il avait invité le sultan avec les généraux mongols. Son fils Ghiath-ud-din, âgé seulement de quatre ans,

(1) Pachymeres. — Niceph. Grégoras, ap. Stritter, Tataricor. cap. IV, § 27—35. — Énos est sur la côte méridionale de la Roumilie, à cinquante lieues à l'ouest de Constantinople.

fut placé sur le trône, et Mo'yin-ud-din resta à la tête de l'administration du Roum (i). Le jeune Ghiath règnait de nom depuis mohar. neuf ans, lorsque des troubles éclatèrent dans __7^1_ le Roum. Beaucoup de Beys se retirèrent avec leurs familles en Syrie. On rapporte qu'ayant formé, de concert avec le Pervané, le projet de se soumettre au sultan d'Egypte, ils avaient ensuite été trahis par le vézir, et obligés de chercher leur salut dans la fuite; de ce nombre étaient Seïf-ud-din Haïder-Bey, seigneur d'Aboulistaïn, et le général Mobarizud-din. Beïbars les reçut à Damas. Pressé par ces officiers émigrés de tenter la conquête du Roum, il écrivit aux chefs militaires en Egypte pour les consulter, ordonnant que les généraux Beïsseri et Accousch vinssent lui apporter le résultat de leurs délibérations. Après l'avoir reçu il partit pour l'Egypte, et ordonna, dès âlTâôAt son arrrvée, de mettre l'armée sur le pied de guerre. Lorsqu'elle fut prête, il passa en reJ "J-"1- rvue toutes ses troupes le même jour, afin que les chefs de corps ne pussent pas emprunter l'un de l'autre ce qui leur aurait manqué. Cette armée, supérieurement équipée, préluda aux

[ocr errors]

combats par des jeux militaires et par un simulacre, où Beïbars fit admirer sa force et son adresse; ce prince récompensa généreusement les militaires qui s'y étaient distingués. Il partit du Caire à la tête de son armée, 22 1am.' après avoir nommé son lieutenant en Egypte le général Acsoncor, auquel il laissa cinq mille hommes de cavalerie pour la défense du pays, lui confiant la personne de son fils Sa'ïd Bercai Khan, qu'il avait fait reconnaître, neuf ans auparavant, pour son successeur au trône, et qui, dans les absences de son père, exerçait l'autorité royale en Egypte. Beïbars étant arrivé, en trente-huit jours,.—

7 avr.

à Alep, ordonna au gouverneur de cette ville de se porter, avec les troupes sous ses ordres, par Sadjour, sur la rive de l'Euphrate, pour garder les gués de ce fleuve, et empêcher que des troupes mongoles ne fissent des courses en Syrie. Ce général, qui fut joint par l'émir arabe Schéref-uddin Yssa, fils de Mohna, battit un corps d'Arabes Khafadjé, envoyés contre lui par les Mongols, et leur prit douze cents chameaux.

D'Alep le sultan suivit la route d'Aïntab, 7 10uïe

Dolouc, Kinouc, passa le défilé d'Actcha, dont 1 avr

il fit garder les issues , et détacha en avant - z°" -. 15 avr.

« AnteriorContinua »