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ll guérit cependant, mais, ne se sentant plus assez fort pour A soutenir le fardeau de l’empire, il résolut Œabdiquer; non par philosophie, comme les Antonins, ni par lassitude des contrariétés éprouvées, comme Charles-Quint, mais par une pensée de bien public.

Du haut d’un trône élevé au milieu de la plaine , près de Nicomédie, il déclara sa résolution au peuple et aux soldats, en nommant Césars Maximin et Sévère. Le même jour, Maximien abdiquait à Milan , pour tenir le serment par lequel il s’y était engagé antérieurement envers son collègue. Dioclétien se retira dans un palais splendide qu’il avait fait construire à Salone, aux lieux où s’éleva depuis Spalatro (1). Il y vécut neuf ans dans une condition privée , respecté et consulté par les princes auxquels il avait cédé l’empire. Il s’écriait souvent: Maintenant je vis, maintenant je vois la beauté du soleil. Quand Maximien , qui s'était retiré dans la Lucanie, le pressa de reprendre le pouvoir, il lui répondit : Tu ne me donnerais pas semblable conseil, si tu voyais les‘ belles laitues que fai plantées de mes mains à Salone. Quand il lui arrivait de réfléchir aux dangers qui environnant un souverain : Que de fois, disait-il, deuæ ou trois ministres s’accordent pour tromper le prince, qui, séparé du reste des hommes, parvient rarement a être informé de la vérité, ou même ne la sait jamais.’ Ne voyant, n’entendant que par les yeuæ ou les oreilles d’autrui, il confère les emplois a des hommes vicieuæ ou incapables, néglige les gens de mérite; et, bien qu’il soit sage, il reste en proie à ses courtisans corrompus?

Cependant les troubles qui sélevèrent dans l’empire , les malheurs de sa femme et de sa fille , quelques injures reçues de ses successeurs, troublèrent sa solitude; on dit même qu’il se donna la mort.

A peine la main robuste qui avait longtemps tenu les rênes de l’État ne se fit-elle plus sentir, que les discordes, admirablement réprimées j usque-là, recommencèrent à agiter l’em pire, qui, durant

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(i) La cathédrale de Spalatro est bâtie sur l'emplacement d’un temple d’Esculape. Celui de Jupiter fut aussi transformé en église. -]l reste encore du palais de Dioclétien , d’une construction très-solide, un portique soutenu par des colonnes de granit; à l'entrée duquel est un sphinx. On voit aussi à Spalatro les ruines d’un grand aqueduc fait de blocs énormes , et trois belles portes. En 1828 , Pempereui‘ d’Autriche a assigné des fonds pour former un musée des antiquités trouvées tant à Spalatro qu’il Salone.

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dix-huit ans, fut disputé entre différents princes. Constance et Galère avaient succédé avec le titre d’Auguste à Maximien et à Dioclétien : le premier et le plus âgé des deux continua à gouverner la Gaule, Fläspagne et la Bretagne, avec une douceur généreuse et modeste; il voulait, disait-il, que ses sujets fussent riches, plutôt que l’État. On raconte (l) que Dioclétien envoya un jour vers lui pour se plaindre de ce qu’il n'avait pas d'or eu caisse. Constance invita les députés à revenir sous quelques jours pour avoir sa réponse. Dans cet intervalle, il informa les principaux habitants de ses provinces qu'il avait besoin d'argent, et ils lui en apportèrcntà l’envi. Alors , montrant ces trésors aux envoyés, il les pria de rapporter à Dioclétien qu'il était le plus riche des quatre princes; seulement, ajontait—il, il laissait ces richesses en dépôt dans les mains du peuple , considérant son amour comme le trésor le plus sûr et le plus abondant d'un souverain. Après le départ des députés, il renvoya l’argent à qui il appartenait. Au plus fort de la persécution il donna asile aux chrétiens, dont la reconnaissance le porta aux nues. Si nous devons en croire Eusèbe, il arriva que Constance, feignant de vouloir aussi persécuter les chrétiens , eujoignit aux officiers du palais et aux gouverneurs des provinces d'opter entre leur foi et leurs fonctions. Quelques-uns, pour avoir abjuré, furent réprimandés par lui et destitués, attendu que, traîtres envers Dieu, ils devaient trahir le prince ‘plus facilement encore : il accorda, au contraire, sa confiance et des emplois supérieurs à ceux qui avaient écouté la voix de leur conscience, de préférence à leurs intérêts. Par un rescrit qui, inséré au code , mériterait d'être adopté par ceux qui lui ont emprunté tant de lois tyranniques, il rejette les libelles anonymes, a ne sachant pas soupçonner un citoyen

' «qui n’a pas d’accusateur, mais seulement un grand nombre

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Galère, au contraire, homme vaillant, mais rusé et arrogant, passe pour avoir mis en œuvre de bas artifices pour déterminer Dioclétien à persécuter les chrétiens, et ensuite pour le faire abdiquer. Maximin , son neveu , grossier dans ses paroles et dans ses actions, gouverna en qualité de César l’Égypte et la Syrie; Sévère, l'autre César, l’Italie et l'Afrique : Galère, qui dominait sur ces deux princes ses créatures, et sur Constance, dont la

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santé était chancelante, se flattait de rester seul maître de Pempire et de le transmettre a sa famille. Mais dans les foyers de son collègue était né celui qui devait renverser ses projets.

Constance avait épousé en premières noces une femme de condition obscure, mais d'une grande piété, nommée Hélène, dont il eut Constantin , auquel probablement elle donna le jour à Naïssus, ville de la Dacie. Soit par égard pour une nouvelle épouse, soit par défiance envers elle, il envoya son fils à la cour de Dioclétien. Celui-ci, séduit par les rares qualités de ce jeune homme, beau, généreux, affable, dont une mâle prudence tempérait l’ardeur juvénile, en le rendant cher au peuple et aux soldats, le fit élever avec soin. Galèrelen prit dela jalousie; et lorsque Dioclétien eut à nommer deux, Césars, il écarta Constantin, au grand déplaisir des légions. Devenu Auguste, il eut toujours l’œil sur lui, et l’aurait fait périr s’il n’eùt redouté l’armée, qui lui était favorable , et si d'ailleurs il n’eût échoué dans ses projets de trahison. Constance ayant appelé son fils près de lui , Galère lui opposa mille obstacles; mais il parvint à s’échapper; et, ayant rejoint Constance, il fit heureusement avec lui la guerre dans la Bretagne aux Pictes et aux Calédoniens.

A la mort de Constance, Constantin fut salué empereur par les soldats, et, selon l’usage, il adressa à l’autre Auguste, ainsi qu'aux Césars, sa propre image, avec les insignes de l’empire. Galère, malgré le courroux qu’il en ressentit, se décida, pour éviter la guerre civile, à lui envoyer la pourpre, en lui donnantletitie de César, et à Sévère celui d’Auguste. ‘ . f I f l

Cependant les cruautés de Galère , sa longue absence, et un recensement des richesses de chacun, fait avec une rigueur qui recourait même à la torture pour obtenir l'aveu des biens cachés, avaient déterminé un soulèvement général de Fltalie. Maxence, fils de Maximien et gendre de Galère, se fit proclamer Auguste. Quelques-uns ont cru qu’il avait été supposé par sa mère; laid du reste , vicieux, abhorré, il gagna les gardes prétoriennes a prix (Pargent. Les Romains, par l’espérance de se délivrer de Galère, les Païens, par celle de relever 1’ancien culte , lui prêtèrent aide et appui. Alors Maximîen, sortant de sa retraite, reprit en main les affaires, et reçut comme collègue de son fils les ‘hommages du peuple et du sénat.

Sévère accourut de Milan pour réprimer ces usurpateurs; mais son armée, qui durant un temps avait obéi à Maximien , passadu

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307 . 1 mars.

Mort de Maximien. 3m.

côté du vieil empereur. Il se trouva alors assiégé dans Bavenne, et réduit à céder la pourpre à son rival, qui lui promit la vie , et la lui arracha ensuite. Maximien, tranquille de ce côté, voulut s'assurer de l'amitié de Constantin; il lui donna donc en mariage sa fille Faustine avec le titre d'Auguste.

Sur ces entrefaites, Galère avait pénétré en Italie; mais en voyant l'immensité de Rome, ou plutôt la constance avec laquelle elle employait ses richesses contre celui qui voulait les lui ravir, il n'osa Passiéger, et se retira à Terni; puis, se défiant des dispositions de son armée, il rebroussa chemin, exerçant plus de ravages que n'auraient pu le faire les barbares eux-mêmes.

Maximien, se voyant moins considéré qu’il n'aurait voulu, chercha à supplanter son propre fils; mais , trompé dans son attente, il se rendit près de Galère, les uns disent pour l'exciter contre Maxence , d'autres, pour épier une occasion de le trahir. Quoi qu'il en soit, Galère donna pour successeur à Sévère Licinius son ami, comme lui valeureux et ignorant, et même ennemi du savoir, mais, de plus, avare et déhanché, malgré sa vieillesse : à cette nouvelle Maximin, qui gouvernait ou plutôt opprimait FÉgypte et la Syrie, prit aussi le titre d’Auguste. Voila donc six empereurs présidant aux destinées du monde romain : Constantin et Maxence en Occident, Maximin et Licinius en Orient; Maximien‘ que sontenaient les premiers, et Galère qui avait de son côté les deux autres; tous n'étant retenus dans leur désir d'en venir aux mains que par la crainte qu'ils avaient les uns des autres. Maximien, repoussé par Galère, se réfugia auprès de Constantin, et déposa de nouveau la pourpre; mais il voulut bientôt la reprendre. Profitant du moment où Constantin était occupé à combattre les Francs , il répandit le bruit de sa mort, ouvrit le trésor d’Arles, et, à force de largesses, en invoquant des souvenirs glorieux , il souleva les Gaulois et tendit la main à Maxence. Mais Constantin, qui ne tarda pas à survenir, Fassiégea dans Marseille; et quand il le tint en son pouvoir, il ne lui laissa que le choix de son genre de mort.

Galère, moins malheureux que son collègue , partagea son existence entre les travaux d'utilité publique, les plaisirs et les cruautés. Habitué au sang par ses persécutions contre les chrétiens, il montrait, en général, tant de barbarie, que celui qui, condamné à périr, était décapité sans quelque aggravation de peine, se considérait comme heureux. Jaloux du savoir et de l'indépendance,

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