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près du fort de Séround. Les Arméniens essuyèrent une défaite; Levon fut pris; son frère Toros et un de ses oncles périrent dans le combat; un autre oncle, le connétable, se sauva par la fuite, mais laissa ses fils entre les mains des Musulmans. L'armée arménienne, dans laquelle on comptait douze princes, fut entièrement dispersée.

Les vainqueurs atteignirent le lendemain Tel - Hatndoun, tuant, faisant des captifs, et brûlant tout sur leur passage. Ils traversèrent la rivière Djihan, et s'emparèrent du château d'A'moudin, situé sur une haute montagne, lequel appartenait aux Templiers; il s'y trouvait deux mille deux cent individus; les hommes furent tués, les femmes et les enfants, réduits en captivité, et l'on mit le feu au château, qui contenait des magasins considérables. Une division de l'armée fut ensuite détachée vers Siss, capitale du royaume de Cilicie, qui fut saccagée et incendiée. Le prince de Hamat resta près des ruines de cette ville, tandis que le général Aïgan se dirigeait vers la frontière du Roum, et que le général Calavoun détruisait Ayas, Massissa, Adana. Après avoir mis à feu et à sang, pendant vingt jours, une grande partie de la Cilicie, les Egyptiens se retirèrent avec leur butin, un grand nombre de captifs des deux sexes, et une si grande quantité de bétail, que dans leur camp un bœuf se vendait deux drachmes, et ne trouvait pas d'acheteurs. Ils avaient évacué le pays lorsque le roi Hethoum arriva avec des troupes mongoles et Roumiennes, qui ne firent qu'achever par leurs réquisitions la ruine de ce petit royaume (i).

Hethoum, après avoir sollicité Abaga de l'aider à tirer vengeance des Égyptiens, perdant tout espoir de secours de la part du Khan mongol, qui était obligé de faire face à d'autres ennemis, fut réduit à implorer la paix de Beïbars. Il envoya successivement plusieurs ambassadeurs à la cour du sultan, pour lui demander la liberté de son fils. Ce prince exigea, entre autres conditions, que le roi d'Arménie lui rendît plusieurs châteaux que les Mongols avaient pris aux Égyptiens et cédés à ce roi, auquel ils avaient précédemment appartenu, et qu'il obtînt du Khan mongol la liberté du général Schems-ud-din Soncor El-Aschcar (2), son ancien camarade, que

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Houlagou avait trouvé emprisonné dans la citadelle d'Alep, et fait conduire en Perse. Le roi promit de solliciter son élargissement; en effet, au bout de quelque temps, il annonça à Beïbars le succès de ses démarches; avis qui fut bientôt confirmé par des lettres de Soncor au sultan; mais Hethoum faisait des difficultés pour rendre l'une des places en question. Alor Beïbars lui écrivit d'Antioche: « Si vous ne voulez pas faire ce sacrifice pour « votre fils et successeur, nous serons tout « aussi durs envers notre ami, entre lequel et « nous il n'existe aucune parenté; mais ce « sera de votre part que viendra la rupture. « Nous suivrons de près notre lettre. Faites « de Soncor ce que vous voudrez. » Hethoum finit par consentir à tout. Il s'engagea par la convention d'une trêve qui fut signée à ^' Antiocheren juin 1267, de restituer les places de Bihessna, Derbessac, Merzéban, Ra'nan, Er-Koub, Sikh-ul-hadid, et de mettre en liberté l'émir Soncor le roux. De son côté, le sultan promettait au roi de lui rendre son fils et son neveu, ainsi que leurs serviteurs captifs. Le roi dut donner des otages pour la remise des places fortes. Lorsque le prince Lévon, détenu dans le château de la montagne au Caire, eut été remis à son père à Siss, Soncor, qui avait été amené du fond de la Perse à la cour du roi d'Arménie, fut mis en liberté. Le sultan pourvut généreuse

ment son ancien camarade de tout ce dont il pouvait avoir besoin, l'emmena en Egypte, lui conféra un commandement et lui fit bâtir un hôtel dans l'enceinte du château de la montagne (i).

Peu après, le roi Hethoum se rendit à la cour d'Abaca, qui était alors à Bagdad, pour lui rendre grâces de la délivrance de son fils, et le prier, vu son grand âge, et ses infirmités, de permettre qu'il cédât le trône au prince Lévon. Ayant obtenu sa demande, il convoqua, dès son retour à Siss, les seigneurs de son royaume dans la ville de Tarse, et abdiqua en faveur de son fils. Léon se rendit 1269. à la cour d'Abaca, et reçut de ce Khan l'investiture du royaume d'Arménie (2). Son père, qui avait règné quarante-cinq ans, se fit religieux, sous le nom de Macaire (3), dans le couvent de Trazargh, et mourut quelques mois après.

(1) Novaïri. — BarHebraeus, p. 545, 6 et 7.

(2) Bar Hebraeus, p. 547- — Chamisch, t. II, p. 253 et suiv.

('5) Haïton, Hist. or., ch. 33.

En 1269, Abaca envoya des ambassadeurs à Beïbars, qui les reçut à Damas, en même temps que les ambassadeurs de l'empereur grec et ceux du khan Mangou-timour, successeur de Bercaï. Dans ses lettres Abaca reprochait à Beïbars l'assassinat de Couttouz, et lui demandait comment lui, mamelouc, jadis vendu à Sivas, il osait résister à des rois, fils de rois, souverains de la terre, le menaçant de l'attaquer, de s'emparer de tout son pays, d'y passer au fil de l'épée tous ceux qui auraient les armes à la main, et vous même, ajoutait-il, quand vous vous élèveriez dans les nues, quand vous descendriez sous terre, vous ne nous échapperiez pas. Le sultan lui répondit: « Il est vrai que j'ai tué Couttouz; mais la « royauté m'a été conférée par des suffrages « unanimes. Vous annoncez l'intention de nous « attaquer. Eh bien, venez; nous serons prêts « à vous recevoir, et nous espérons de recou« vrer les pays enlevés aux Musulmans. » L'ambassadeur d'Abaca fut congédié avec cette réponse (i).

Malgré ses menaces, Abaca ne put rien en

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