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mission, à la mort et à la captivité; mais les Mongols pillèrent la ville, rasèrent ses murs et brûlèrent les machines de guerre dont elle était munie. Ensuite Tocat et Césarée furent saccagées (i).

Baïdjou reçut dans son camp, près de Sivas, un général du sultan et le cady d'Amassia, qui s'étant concertés ensemble, venaient,

(i) Novaïri. — Bar Hebrseus, pag. 5i9. — Haïton, chap. 18.— Tarikh Monédjim-Baschi, tom. II. — Vincent, Spec. hist., lib. XXX, cap. 60. — Les historiens ne sont pas d'accord sur l'année où ces événemens eurent lieu; —. Bar Hebraeus et Monédjim-Baschi les placent à l'année 6/|0 (1242-3); Macrizi, à l'année 641 (1243-/4); Vincent et Tchamtchéan, en 1243; Haïton en 1244; mais nous croyons que le témoignage de Bar Hebrseus est décisif; selon cet auteur, les Mongols auraient séjourné dans le Boum pendant les mois de juin et juillet 1243; or, l'année 641 de l'hégire commence le 21 juin 1243; à moins de connaître quel jour la bataille fut livrée, il est difficile de déterminer si ce fut en 640 ou 641. -— Novaïri, d'ailleurs si exact, commet ici un terrible anachronisme , en plaçant à l'année 654 cette invasion de Baïdjou et la déroute de Koussadag, qu'il aura confondue avec une seconde expédition dans le Roum, faite par ce même général en 653. — Bubruquis (chap. 52), dit: qu'il savait d'un témoin oculaire, que Baïdjou n'avait pas plus de dix mille hommes dans cette expédition. — Selon Haïton (chap. 18), il avait trente mille cavaliers.

clé leur propre mouvement, lui demander la paix. Ils l'obtinrent, moyennant l'engagement qu'ils prirent, au nom du sultan, de payer un tribut annuel de quatre cent mille dinars en espèces, et de livrer, en outre, une certaine quantité d'étoffes, un certain nombre de chevaux et d'esclaves. Dans sa détresse, Keï-Khosrou reçut avec joie, à Conia, la nouvelle de ce traité fait à son insu (i).

Lorsque l'armée mongole se retira du Roum , après une campagne de deux mois, elle campa près d'Erzendjan et requit de cette ville une contribution en argent. Sur son refus, les Mongols dressèrent leurs catapul

(i) Tarikh Monédjim-Baschi. — Selon le frère Simon, missionnaire, dont le récit est rapporté par Vincent, dans son Spec. hist., lib. XXXI, cap. 28, le sultan Seldjoucide s'obligeait, par ce traité, à livrer annuellement au souverain mongol, douze cent mille hyperperes, cinq cent pièces d'étoffes de soie, cinq cent chameaux et autant de béliers, qui devaient être transportés à ses frais, jusqu'à la résidence du grand Khan. Les dons et présents qu'il devait faire en outre, s'élevaient à une valeur égale, sinon supérieure , au tribut stipulé. Il devait être fourni gratuitement aux envoyés tatars, tant qu'ils étaient sur le territoire de Roum, tout ce dont ils avaient besoin, chevaux, vivres et autres articles.

tes, firent des brêches au mur, prirent la ville d'assaut, en massacrèrent les habitants et la ruinèrent (i).

Un corps mongol avait été détaché vers la Syrie. A son approche de Malattiya, où la nouvelle du sac de Césarée venait de répandre la terreur, le préfet et les autres officiers du sultan enlevèrent de nuit l'or et

1.2./t3- l'argent du trésor, se le distribuèrent et sorjuu. D

tirent de la ville pour se réfugier à Alep. En même temps partirent les principaux habitants, chrétiens et musulmans; mais ils furent atteints, à une journée de la ville, par des troupes mongoles, qui firent main basse sur les hommes, et enlevèrent les garçons et les filles. Cependant les Mongols ne s'arrêtèrent pas pour faire le siége de Malattiya. Ils s'avancèrent, sous les ordres du noyan Yassaour, jusqu'aux portes d'Alep, en exigèrent une contribution, la reçurent et se retirèrent. En repassant près de Malattiya, Yassaour fit mine de vouloir attaquer cette ville; le préfet, ayant rassemblé une grande quantité de numéraire, de vases d'or et d'argent, ayant même enlevé

(i) Bar Hebrasus, pag- 521.

les châsses des saints et d'autres objets précieux conservés dans le trésor de la cathédrale des Jacobites, livra au noyan ces richesses qui pouvaient valoir quarante mille pièces d'or, et celui-ci continua sa marche rétrograde vers la Perse (i).

Ce fut probablement le même chef mongol qui, se trouvant près d'Alep, à la fin de l'été 1^44? envoya par deux fois sommer Bohémond V, prince d'Antioche, d'abattre les murs de ses places, de lui envoyer tout le revenu de sa principauté, et de lui livrer trois mille jeunes filles. Le prince s'y refusa, et le général mongol ne jugea pas à propos de l'attaquer. Plus tard cependant le prince d'Antioche, et plusieurs autres seigneurs chrétiens , se soumirent à payer un tribut aux Mongols (2).

Le lieutenant du grand Khan adressait des sommations à tous les souverains de l'Asie occidentale. Le prince de Meyafarkin, Schihab-ud-din, avait reçu dans l'année 1241 , des mains d'un émissaire mongol, une lettre qui lui était adressée, ainsi qu'aux autres princes

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mahométans. Elle commençait ainsi: Le lieutenant du maître du ciel sur la surface de la terre, Cacan, et ordonnait à ces princes de reconnaître son autorité. L'envoyé dit à Schihab-ud-din, que le Cacan l'avait nommé son écuyer (Selahdar), et qu'il lui ordonnait de raser les murs de ses villes. Le prince lui répondit qu'il n'était qu'un petit seigneur auprès des souverains du Roum, de la Syrie et de l'Egypte, et lui conseilla de se rendre à leurs cours, ajoutant qu'il suivrait leur exemple (i). Le roi de Cilicie Hethoum I avait promis au sultan de Roum, de lui amener un corps de troupes arméniennes; mais il différa de marcher à son secours, pour attendre l'issue des événements (2). Le royaume de Roum ayant passé sous le joug mongol, Hethoum, qui vit l'ennemi commun près de ses frontières, jugea prudent de rechercher sa protection. Après s'être assuré du consentement des seigneurs de son pays, il fit partir, au printemps de l'année lu/i/i? (^es ambassadeurs avec de riches présents, pour le quartier général de Baïdjou. Ces envoyés furent adressés

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