Imatges de pàgina
PDF
EPUB

« de faire. Councourataï est à présent dans « le Roum, et ce pays est en votre pouvoir, « soumis au tribut; néanmoins il y a répandu « le sang, deshonoré les femmes, et réduit en a captivité les enfants; il a vendu les hommes « libres et il a tout refusé hors de perséverer « dans ces actes de dévastation.

« Il nous a dit encore que si vous n'obte« niez pas la cessation de ces courses hostiles, « qne nous fixions un champ de bataille, et « que Dieu donnerait la victoire à qui il lui « plait. Voici notre réponse: les lieux où les « deux armées se sont plus d'une fois ren« contrées sont redoutés par ceux de vos « guerriers qui ont échappé à la mort; ils « craignent d'y revenir et de voir répéter « les désastres de ces journées. Le moment « de la rencontre, Dieu seul le connaît, « nul autre ne peut le fixer, et la vic- « toire est à celui que Dieu fait vaincre, « non à celui qui s'en croit sûr. Nous ne « sommes pas de ceux qui attendent leur « salut avec anxiété; et quant à l'heure « de la victoire elle est comme la dernière « heure, elle n'arrive qu'inopinément. Dieu « seconde ce qui se fait pour l'avantage de « son peuple, et il a toute puissance pour

[ocr errors]

« faire le bien. » Ecrit en Ramazan [décembre] (i).

Les ambassadeurs partirent avec cette réponse, et furent reconduits jusqu'à la frontière sous bonne escorte, accompagnés des deux chambellans qui les avaient amenés. Personne n'avait pu communiquer avec eux (2).

(1) Vassaf, tom. Ier. — Vie de Kélavoun. — La lettre du sultan Ahmed se trouve dans la Chron. Syr. d'Aboulfaradje, éd. de Pocock; mais on n'y voit que la moitié de la réponse de Kélavoun. Le texte s'arrête à ces mots: Et quant à la mission du Grand-juge Coutb-oddin et de TAtabey... Il y a en cet endroit une lacune dans le manuscrit.

(2) Vie de Kélavoun.

CHAPITRE V.

Premiers actes séditieux d'Argoun. — Ses poursuites contre Alaï-ud-din. — Mort de cet administrateur. — Attaques d'Argoun contre le vézir Schems-ud-din. — Prétentions d'Argoun. — Envoi du scheïkh Abd-our-rahman en Égypte. — Supplice du prince Coungcourataï, ami d'Argoun. — Marche d'une armée contre Argoun. — Défaite d'Argoun. — Négociations. — Captivité d'Argoun. — Sa délivrance. — Fuite d'Ahmed. — Son arrestation. — Sa mort. — Ambassade du scheïkh Abdur-rahman. — Sa mort. — Opérations militaires de Kélavoun.

Argoun, instigué par ses officiers, avait résolu de disputer à Ahmed la possession du trône. Il passa l'hiver dans la province de Bagdad, où cantonnait un touman de Caraounass, qui avait fait partie de la maison militaire d'Abaca, et avait ses quartiers d'été à Siah-couh, Ces troupes, les plus braves de l'armée mongole, avaient été mises par Argoun sous les ordres du général Togatchar, auquel il avait conféré les timbales et l'étendard avec le titre de chef de touman (1).

(i) Vassaf, Tom. I.

Elles étaient commandées sous Togatchar, par les princes Kikhatou et Baïdou, le premier, frère, le second, cousin d'Argoun, ainsi que par les généraux Tchaoucour, Tchongoutour, Touladaï et autres, qui, de même que tous les anciens officiers et courtisans d'Abaca, étaient dévoués à son fils (i).

Argoun ordonna que toutes les propriétés d'Alaï-ud-din fussent livrées à ses commissaires, et qu'on empêchât les agents de ce fermier général de rien percevoir des impositions de la province. Il se rendit lui-même à Bagdad, et exerça sa vengeance sur les intendants d'Alaï-ud-din. Non-seulement il s'empara de ce qu'il y avait dans leurs caisses; mais il les força, par les tortures, de payer une forte somme, sous le prétexte de recouvrer les arrérages des années précédentes. Schischi Bakhschi, Poulatamour et Togatchar l'assistaient avec zèle. Alaï-ud-din, en apprenant ces nouvelles persécutions, eut une attaque d'apoplexie qui le mit au tomg8l ' beau, le 6 mars ia83. Son frère Haroun le remplaça (-2).

(i) Raschid.

(2) Raschid. — Vassaf. Ce dernier historien fait au sujet des exactions d'Argoun, la réflexion suivante:

Le sultan Ahmed, instruit des desseins hostiles d'Argoun, et de ses intelligences secrètes avec le prince Coungcourataï, que le sultan, dès son avénement au trône, avait envoyé avec une armée dans le Roum, après lui avoir fait épouser Touctai Khatoun,

« Il y a dans la nature des Mongols un vice détestable et « même infecté de sottise; il faut qu'ils maltraitent, « qu'ils accablent de rigueurs, quiconque a administré « les finances de l'État; en sorte que cinquante années « de bons services conduisent à une mauvaise fin , et que « le plus long dévouement est tout à coup effacé par « l'attaque d'un malveillant, par les traits d'un envieux. » Dans un autre endroit de son ouvrage, il fait un éloge pompeux d'Alaï-ud-din et ajoute : <i Bagdad, ruinée après la « catastrophe de Mosta'ssem, se releva, en peu de temps, « par l'action vivifiante de la justice et de l'humanité de « ce gouverneur. » — « Alaï-ud-din, dit l'historien Bar« Hebraeus, p. 574, mourut à Mogan, et fut enterré à « Tébriz. Il était, ainsi que son frère Schems-ud-din, « très-versé dans la littérature et excellait en poésie. « Il composa, en persan, une histoire admirable des « empires Seldjoukides, Coarezmiens, Ismaïliyens et « Mongols; c'est de là que nous avons tiré ce que « nous en rapportons dans cet ouvrage. » Mirkhond nous apprend qu'Alaï-ud-din a fait le récit des maux et des chagrins qu'il avait éprouvés, dans un écrit auquel il donna pour titre Tathlith ul - Akhvan ou Trinité des frères.

[ocr errors]
« AnteriorContinua »