Imatges de pàgina
PDF
EPUB

bles que causait l'invasion du Roum par les Mongols, se mirent à la tête d'une troupe de vauriens et exercèrent des brigandages dans le pays.

A son avénement au trône, en 1257, le sultan Rokn-ud-din Kelidj-Arslan, voulant mettre un terme à ces désordres par des voies de douceur, nomma Caraman Bey d'Ermenak, et manda à sa cour Ongsouz, auquel il donna une place d'écuyer. Mais Caraman, homme féroce et sanguinaire, étant mort en 1262, le sultan Rokn-ud-din fit arrêter tous ses fils avec Ongsouz, qui furent emprisonnés à Caoula, château fort dans la province de Conia. Après la mort de ce sultan, le Pervané Mo'yin-uddin les fit élargir; à peine sortis de prison, ces individus se mirent à la tête de gens sans aveu, et battirent le pays. Bientôt l'un des fils de Caraman, Mohammed Bey, devint le chef de cette bande de brigands, et acquit par ce moyen la domination de la contrée montagneuse où son grand-père avait exercé le métier de charbonnier (1).

(1) Tarikh Monédjim Baschi, t. II. — Cet auteur nous apprend qu'il a puisé son récit dans l'histoire des Seldjoukides, par Ibn Bibi. « Djénabi, dit-il ensuite, ra« conte les choses autrement; mais la première version

Beïbars reçut à Harem, le il mai, une 6 zoulh. lettre de Mohammed Bey, qui lui annonçait sa marche à la tête de vingt mille cavaliers et de trente mille fantassins pour se mettre aux ordres du sultan; mais il était trop tard (i). Beïbars arriva à Damas, le 8 juin, 5 moh. et y mourut le 3o du même mois, à l'âge de cinquante-cinq ans. Ce prince avait une haute stature, le teint brun, les yeux bleus; il était très-actif et plein de bravoure, mais d'un caractère violent; aussi était-il craint de ses généraux. Il faisait souvent le voyage d'Égypte en Syrie, et de Syrie en Egypte, sur des chevaux de courier ou sur des dromadaires, et arrivait au moment où l'on s'y attendait le moins, soit qu'il voulût visiter des places fortes, ou voir par lui-même ce qui se passait. Au moyen des relais qu'il avait établis sur les principales routes de ses Étals, il recevait promptement des nouvelles de toutes parts. Il avait une cavallerie

« mérite plus de confiance; car Ibn Bibi était l'un des
« seigneurs du royaume des Seldjoucs, et contemporain
« de cette époque; il a dû bien connaître ces événements;
« néanmoins la plupart des historiens du Roum ont pré-
« féré de suivre Djénabi. »
(1) Novaïri. — Maerizi.

de douze mille Mameloucs, dont quatre mille en Egypte, quatre mille dans la province de Damas, et autant dans celle d'Alep. Les Mameloucs d'Egypte étaient ses propres esclaves, acquis à prix d'argent, formant sa garde particulière; les officiers de ce corps occupaient les principales charges de la cour et de l'Etat. Toutes ses forces réunis pouvaient s'élever à quarante mille hommes; c'était quatre fois plus que n'en avaient entretenu les derniers sultans Eyoubites; aussi le pays était-il surchargé d'impôts. Beïbars avait épousé quatre filles de généraux mongols (i).

On cacha soigneusement la mort de ce prince. Ses troupes, dans leur marche de Damas au Caire, voyaient au milieu d'elles, une litière, entourée des Mameloucs du sultan, qu'elles croyaient malade, tandis que son corps était inhumé dans la citadelle de Damas. Sans cette précaution, les troupes se seraient mutinées et auraient commencé par piller le trésor royal. Ce ne fut qu'à l'arrivée au Caire de ce corps d'armée, que fut publiée la mort de Beïbars, et que son

(i) Ben Tagri-birdi. — Macrizi.

fils Sa'ïd, âgé de dix-neuf ans, se fit prêter le serment de fidélité, (i)

Cependant Abaca, vivement affligé de la perte de ses troupes, était parti de Tébriz dans le courant du mois de juillet. Il entra safer. dans le Roum et suivit les traces des Égyptiens, qu'il avait espéré de combattre. Il versa des larmes à l'aspect du champ de bataille d'Aboulistin, couvert de cadavres mongols, et vit avec surprise le petit nombre des morts roumiens et égyptiens. Dans sa colère il fit mourir plusieurs généraux roumiens, qu'il regardait comme les premiers auteurs de ce désastre (2). Il alla examiner l'emplacement du camp égyptien, le fit mesurer avec le manche d'une masse d'armes pour connaître quelle avait été la force numérique de l'ennemi. Il reprocha au Pervané, qui après avoir été le recevoir à la frontière du Roum, l'accompagnait dans cette marche, de ne l'avoir pas informé plus exactement de la force de l'armée égyptienne. Ce ministre voulut s'excuser en alléguant qu'il n'avait pu la connaître, tant cette armée était arrivée à l'improviste; mais il ne réussit pas

[ocr errors]

à se justifier. L'émir Yzz-ud-din Eïbeg, qui avait quitté le service de Beïbars, se trouvait auprès d'Abaca, qui lui dit de lui montrer où étaient placées les ailes et le centre des Égyptiens. Eïbeg planta une lance à chacun de ces trois points. Le Khan ayant examiné les distances, dit que l'armée qu'il avait avec lui était moins nombreuse que celle de l'ennemi, et cependant il avait trente mille hommes.

Ses troupes se répandirent, par son ordre, dans le pays entre Césarée et Erzen-ur-Roum, qu'elles mirent à feu et à sang; c'est une étendue de sept journées; il y périt plus de deux cent mille ames (i). Les Mongols n'épargnèrent pas même les cadhis et les docteurs de la loi; mais ils ne tuèrent aucun chrétien (u). La moitié de la ville de Sivas fut saccagée. Enfin le vézir Schems-ud-din parvint à fléchir Abaca, en le suppliant de ne pas punir tout un peuple du crime de quelques individus (3). Quoique ce prince eut défendu à ses troupes de maltraiter les Chrétiens, en considération de ce qu'ils avaient caché et nourri beaucoup de Mongols, pour les soustraire aux armes des

[ocr errors]
« AnteriorContinua »