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le général Soncor le wux, qui rencontra bientôt un corps mongol de trois mille hommes et le mit en déroute. Le sultan se dirigea vers la rive du Sihoun, où s'était concentrée l'armée combinée des Mongols et des Turcs roumiens. Après avoir traversé une chaîne de montagnes il aperçut l'ennemi rangé en bataille dans la plaine d'Aboulistin (i). La cavalerie mongole était divisée en onze corps, de mille hommes, et commandée par trois chefs de Touman: Toucouz, fils du noyan Ilga, son frère Ourougtou et Toudoun, frère de Sougoundjac, qui avaient leurs cantonnements sur cette frontière du Roum (2). Les troupes turques étaient séparées des troupes mongoles, auxquelles elles n'inspiraient peut-être pas grande confiance dans un combat contre des Musulmans (3). On y voyait aussi un corps de trois mille géorgiens (4). Au commencement de l'action, qui eut lieu le vendredi 16 avril 1277, par un temps très-froid (5), l'aile gauche des Mongols chargea le centre où flottait

(1) Novaïri. — Ben Tagri-birdi. — Macrizi. (a) Raschid.

(3) Ben Tagri-birdi. — Macrizi.

(4) Bar Hebrseus, p. 556.

(5) Raschid.

l'étendard du sultan , et le jeta sur l'aile droite; l'aile gauche des Égyptiens fut aussi mise en désordre; Beïbars la fit soutenir, rétablit le combat et chargea avec toute sa ligne. Les Mongols mirent pied à terre pour arrêter la cavalerie ennemie par une grêle de traits; mais leur valeur désespérée ne put tenir contre les efforts des Egyptiens, animés par l'exemple du sultan, qui s'enfonçait dans les rangs ennemis, en vantant aux siens la mort dans une guerre sainte; ils les rompirent, en firent un grand carnage, et poursuivirent les fuyards dans les montagnes (i). Les généraux mongols Toucouz et Toudoun furent tués. Les Géorgiens, qui firent des prodiges de valeur, laissèrent deux mille hommes sur le champ de bataille (2). Beïbars alla camper à l'endroit où était le camp ennemi; on lui amena les prisonniers mongols, qu'il fit tuer, à l'exception de quelques officiers supérieurs. Il épargna aussi la vie des officiers roumiens; mais il leur reprocha vivement de l'avoir combattu avec les infidèles; au nombre de ces prisonniers se trouvaient un fils et un neveu du

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Porvané (i). La mère de ce ministre tomba également en son pouvoir.

Le général Soncor le roux reçut l'ordre d'aller à Césarée, et de remettre aux magistrats de cette ville, un rescrit dans lequel Beïbars rassurait les habitants. Ce prince le suivit, à travers un pays dépeuplé et ruiné. Sur cette route, il reçut les soumissions des commandants de trois places fortes: Semendou, Darenda et Devaloua. La population de Césarée, hommes, femmes et enfants, sortit à sa rencontre, et marcha devant lui jusqu'au lieu nommé Keï-Cobad, où la ville lui avait fait dresser des tentes royales, près d'une maison de plaisance des sultans de Roum. Lorsque Beïbars y mit pied à terre, l'air retentit de la profession de foi et du nom de Dieu, proférés par la multitude. Des musiciens se présentèrent; ils furent renvoyés.

17 7. c. Le vendredi suivant, a3 avril, Beïbars fit son entrée dans Césarée, à cheval et en grand cortège. On portait au - dessus de sa tête un dais semblable à ceux qui servaient

, aux sultans Seldjoukides. Il descendit au

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palais royal, qui avait été préparé pour le recevoir, et s'assit sur le trône (i), ayant la couronne sur la tête; puis il s'avança jusqu'à la porte du Harem des Seldjoukides, et envoya aux princesses de cette maison ses compliments dans des termes respectueux (2). Il se plaça de nouveau sur le trône et admit en sa présence les cadhis, les docteurs de la loi, les prédicateurs, les lecteurs du Coran, les sofis, les fakirs, les fonctionnaires publics et les habitants les plus notables, suivant l'usage des sultans Seldjoukides dans les jours solennels. Le maître des cérémonies, l'un des premiers officiers de la coindés Seldjoukides, celui qui portait la plus ample robe, le plus large turban, assignait à chacun sa place selon son rang. La musique militaire jouait l'air royal, qui ne s'exécutait que dans le lieu où résidait le sultan Seldjoukide. Les lecteurs récitèrent des morceaux du Coran; le maître des cérémonies déclama ensuite des vers, en arabe et en persan, à la louange de Beïbars, et l'on apporta le repas, auquel participèrent tous les assistants. Lors

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qu'ils se furent retirés, le sultan se rendit à la mosquée pour assister à l'office du vendredi; on y pria pour lui ainsi que dans les six autres mosquées de la ville, et on lui apporta des monnaies d'argent frappées à son coin.

Les grandes richesses que le Pervané, et sa femme Gurdji Khatoun, ainsi que d'autres fugitifs de marque avaient laissées dans Césarée, furent en grande partie distribuées par Beïbars à ses généraux (i). Le'Pervané envoya de Tocat féliciter le sultan sur son avènement au trône des Seldjoukides. Cet administrateur du Roum s'étant sauvé du champ de bataille d'Aboulistin, où il commandait l'armée roumienne, était arrivé le surlendemain à Césarée et avait pressé le sultan Ghiath-ud-din de se retirer à Tocat, craignant que les troupes mongoles, dans leur déroute, en passant par Césarée, ne se vengeassent sur ses habitants musulmans de ce qu'ils avaient éprouvé de la part de leurs coreligionnaires, et il avait suivi son souverain à Tocat (2); mais sa femme Gurdji Khatoun, fille de Ghiath-ud-din, prince d'Erzen-ur-Roum, et d'une princesse de Géor

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