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fut placé sur le trône, et Mo'yin-ud-din resta
à la tête de l'administration du Roum (1). .
Le jeune Ghiath règnait de nom depuis
neuf ans, lorsque des troubles éclatèrent dans
le Roum. Beaucoup de Beys se retirèrent
avec leurs familles en Syrie. On rapporte
qu'ayant formé, de concert avec le Pervané,
le projet de se soumettre au sultan d'Egypte,
ils avaient ensuite été trahis par le vézir, et
obligés de chercher leur salut dans la fuite ;
de ce nombre étaient Seif-ud-din Haïder-Bey,
seigneur d'Aboulistaïn, et le général Mobariz-
ud-din. Beïbars les reçut à Damas. Pressé par
ces officiers émigrés de tenter la conquête du
Roum, il écrivit aux chefs militaires en Égypte
pour les consulter, ordonnant que les géné-
raux Beisseri et Accousch vinssent lui apporter
le résultat de leurs délibérations. Après l'avoir
reçu il partit pour l'Égypte, et ordonna, dès
son arrivée, de mettre l'armée sur le pied de
guerre. Lorsqu'elle fut prête, il passa en re-
vue toutes ses troupes le même jour, afin que
les chefs de corps ne pussent pas emprunter
l'un de l'autre ce qui leur aurait manqué. Cette

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combats par des jeux militaires et par un si-
mulacre, où Beïbars fit admirer sa force et
son adresse ; ce prince récompensa généreuse-
ment les militaires qui s'y étaient distingués.
Il partit du Caire à la tête de son armée,
après avoir nommé son lieutenant en Égypte
le général Acsoncor, auquel il laissa cinq
mille hommes de cavalerie pour la défense
du pays, lui confiant la personne de son fils
Sa'id Bercaï Khan, qu'il avait fait reconnaî-
tre, neuf ans auparavant, pour son succes-
seur au trône, et qui, dans les absences de
son père, exerçait l'autorité royale en Égypte.
Beïbars étant arrivé, en trente - huit jours,
à Alep, ordonna au gouverneur de cette
ville de se porter, avec les troupes sous ses
ordres, par Sadjour, sur la rive de l'Eu-
phrate, pour garder les gués de ce fleuve,
et empêcher que des troupes mongoles ne
fissent des courses en Syrie. Ce général,
qui fut joint par l'émir arabe Schéref-ud-
din Yssa, fils de Mohna, battit un corps
d'Arabes Khafadjé, envoyés contre lui par
les Mongols, et leur prit douze cents
chameaux. - -
D'Alep le sultan suivit la route d'Aïntab,
Dolouc, Kinouc, passa le défilé d'Actcha, dont
il fit garder les issues, et détacha en avant

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le général Soncor le roux, qui rencontra bientôt un corps mongol de trois mille hommes et le mit en déroute. Le sultan se dirigea vers la rive du Sihoun, où s'était concentrée l'armée combinée des Mongols et des Turcs roumiens. Après avoir traversé une chaîne de montagnes il aperçut l'ennemi rangé en bataille dans la plaine d'Aboulistin (1). La cavalerie mongole était divisée en onze corps, de mille hommes, et commandée par trois chefs de Touman: Toucouz, fils du noyan Ilga, son frère Ourougtou et Toudoun, frère de Sougoundjac, qui avaient leurs cantonnements sur cette frontière du Roum (2). Les troupes turques étaient séparées des troupes mongoles, auxquelles elles n'inspiraient peut-être pas grande confiance dans un combat contre des Musulmans (3). On y voyait aussi un corps de trois mille géorgiens (4). Au commencement de l'action, qui eut lieu le vendredi 16 avril 1277, par un temps très-froid (5), l'aile gauche des Mongols chargea le centre où flottait

(1) Novaïri. — Ben Tagri-birdi. — Macrizi.
(2) Raschid.

(3) Ben Tagri-birdi. — Macrizi.
(4) Bar Hebraeus, p. 556.

(5) Raschid.

l'étendard du sultan, et le jeta sur l'aile droite ; l'aile gauche des Égyptiens fut aussi mise en désordre; Beïbars la fit soutenir, rétablit le combat et chargea avec toute sa ligne. Les Mongols mirent pied à terre pour arrêter la cavalerie ennemie par une grêle de traits ; mais leur valeur désespérée ne put tenir contre les efforts des Égyptiens, animés par l'exemple du sultan, qui s'enfonçait dans les rangs ennemis, en vantant aux siens la mort dans une guerre sainte; ils les rompirent, en firent un grand carnage, et poursuivirent les fuyards dans les montagnes (1). Les généraux mongols Toucouz et Toudoun furent tués. Les Géorgiens, qui firent des prodiges de valeur, laissèrent deux mille hommes sur le champ de bataille (2). Beïbars alla camper à l'endroit où était le camp ennemi; on lui amena les prisonniers mongols, qu'il fit tuer, à l'exception de quelques officiers supérieurs. Il épargna aussi la vie des officiers roumiens; mais il leur reprocha vivement de l'avoir combattu avec les infidèles ; au nombre de ces prisonniers se trouvaient un fils et un neveu du

| ( ) Ben Tagri-birdi. —Macrizi. (2) Bar Hebraeus, p. 556.

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Pervané (1). La mère de ce ministre tomba
également en son pouvoir.
Le général Soncor le roux reçut l'ordre
d'aller à Césarée, et de remettre aux ma-
gistrats de cette ville, un rescrit dans le-
quel Beïbars rassurait les habitants. Ce
prince le suivit, à travers un pays dépeuplé
et ruiné. Sur cette route, il reçut les sou-
missions des commandants de trois places
fortes : Semendou, Darenda et Devaloua. La
population de Césarée, hommes, femmes et
enfants, sortit à sa rencontre, et marcha
devant lui jusqu'au lieu nommé Kei-Cobad,
où la ville lui avait fait dresser des tentes
royales, près d'une maison de plaisance des
sultans de Roum. Lorsque Beibars y mit
pied à terre, l'air retentit de la profession
de foi et du nom de Dieu, proférés par
la multitude. Des musiciens se présentèrent;
ils furent renvoyés.
Le vendredi suivant, 23 avril, Beïbars fit
son entrée dans Césarée, à cheval et en

· grand cortège. On portait au - dessus de sa

tête un dais semblable à ceux qui servaient , aux sultans Seldjoukides. Il descendit au

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