Imatges de pàgina
PDF
EPUB

parut point et cet armement devint inutile. schaban. Quelques mois après, le chef des Bédouins mars de Syrie, Schéref-ud-dtn Yssa, fils de Mohna, ia'** fit par l'ordre du sultan une incursion dans l'Irac Aréb, et s'avança jusqu'à Anbar, où il eut une rencontre avec des troupes mongoles (i).

Dans le même temps Beïbars accueillit à sa cour un seigneur fugitif du pays d'Abaca, qui, par ses avis secrets, lui avait rendu des services; c'était le mélik Schems-ud-din Bahadour, prince de Semisatt, fils de mélik Feredj, grand échanson du sultan Djelal-uddin Khorazm-schah, qui, après la mort de ce prince, avait pris possession du château fort de Kirat, et de six autres dans le canton de Nakhtchouvan, et qui ayant ensuite passé dans le Roum, y avait reçu en apanage la ville d'Acseraï. Depuis un an Schemsud-din entretenait une correspondance secrète avec le souverain d'Egypte, dont il avait gagné les bonnes grâces, en lui donnant des avis exacts de ce qui se passait dans les Etats mongols. Il avait aussi secondé Beïbars dans une trame que ce prince avait ourdie pour

[ocr errors]

perdre l'un des principaux chefs du clergé chrétien en Perse, dont les Mahométans avaient à se plaindre. Le sultan écrivit à ce prélat que , connaissant son amitié, il favorisait, en sa considération, ses sujets chrétiens, que celui - ci devait regarder comme son troupeau; que le sultan avait reçu les informations secrètes qu'il lui avait fait passer sur les Mongols; que la grâce qu'il avait demandée pour un tel, le sultan l'avait accordée. Cette lettre contenait encore d'autres choses de pure invention, et finissait par informer le prélat que Beïbars lui avait envoyé le baume et les reliques qu'il lui avait demandés, entre autres, un morceau de la croix du Christ; qu'il avait dirigé ces objets sur Rahbet, et fait connaître au commandant de cette place le signe convenu; le prélat n'avait qu'à y envoyer quelqu'un de confiance pour les recevoir. Le sultan adressa cette lettre au commandant d'El-Biret avec l'ordre de l'expédier, par un Arménien, à cet ecclésiastique, et d'en prévenir le mélik Schems-ud-din Bahadour, en lui donnant le signalement de cet émissaire. En effet, Bahadour le fit arrêter et conduire à la résidence d'Abaca, qui, ayant pris connaissance de la lettre, ordonna lu mort du prélat chrétien. Bahadour avait rendu beaucoup d'autres services de ce genre à Beïbars. A la fin on découvrit sa trahison; il fut saisi, et mené à l'Ordou. Ses gens prirent la fuite et atteignirent le territoire du sultan, qui pourvut généreusement à leur entretien; ils étaient plus de mille. Bahadour lui même trouva au bout de quelque temps le moyen de s'évader, gagna la Syrie et reçut des fiefs en Egypte (i).

Le catholique des Nestoriens s'était vu obligé, en 1268, de quitter Bagdad, à la suite d'une émeute. Ce patriarche, nomme Denha,

(i) Novaïri. — Selon cet auteur, ce fut le catholique des chrétiens (c'est-à-dire le patriarche des Nestoriens), siégeant à Bagdad, dans l'ancien palais des Khalifes, dont le sultan d'Egypte causa la mort par ses machinations ; mais c'est une erreur. A cette époque le catholique ne résidait plus à Bagdad, et aucun catholique ne périt par l'ordre d'Abaca. Au rapport de Bar Hebraeus (p. 546), ce prince fit mettre à mort, dans l'année 1268,1'évêque de Djéziret, Hanan Yeschoua. « On ne le tua pas, dit« il, avec le sabre, mais pendant qu'il dormait on lui « fracassa le crâne avec une grosse pierre, et sa tète fut « exposée à la porte de la ville. Il s'était attiré cette triste « fin par sou intervention dans des affaires temporelles; « il aspirait au pouvoir souverain. Il est accusé en outre « d'actes honteux. »

successeur de Makica, avait fait arrêter un Nestorien, qui avait, quelques années auparavant, embrassé le mahométisme, et l'on disait qu'il voulait le faire noyer dans le Tigre; le peuple s'assembla en tumulte devant l'hôtel du gouverneur civil, Alaï-ud-din, qui envoya plusieurs fois demander au catholique de lui remettre cet individu; sur son refus, la populace furieuse mit le feu au portique de l'hôtel du patriarche et l'escalada pour le tuer; Denha dut son salut à des gens envoyés par Alaï-ud-din, qui le conduisirent chez ce gouverneur par des rues détournées. Il se plaignit à la cour; il y fut mandé, et renouvella ses plaintes; ne trouvant personne qui les écoutât, il alla fixer sa résidence à Irbil; mais il n'y resta pas long-temps. En 1271, des Ismaïliyens tentèrent d'assassiner le gouverneur de Bagdad, Alaï-ud-din; ils le manquèrent et furent mis en pièces. Les Mahométans s'empressèrent de répandre que c'étaient des Chrétiens, envoyés par le Catholique; il n'en fallut pas davantage pour faire emprisonner les évêques et les principaux membres du clergé régulier et séculier, qui se trouvaient dans Bagdad. En même temps le commandant d'Irbil, Coutloucschah, fit jeter en prison le catholique et ses evêques, qui

ne furent élargis qu'au bout de quelques semaines, sur un ordre de la cour. Dès-lors les patriarches Nestoriens fixèrent leur résidence à Aschnou, ville de l'Azerbaïdjan (i).

En 1274, le sultan d'Egypte ayant inter- 673. cepté des lettres écrites aux Mongols par plusieurs de ses généraux, les fit arrêter au nombre de douze; les noms de ces officiers indiquent qu'ils étaient turcs ou mongols. Ils furent interrogés, avouèrent leur délit et subirent la peine de mort.

Beïbars voulant ravager la Cilicie, se crut en droit de considérer la trêve faite en 1268, pour dix ans, comme rompue par les infractions du roi Léon. Ses griefs étaient que le roi avait cessé de lui envoyer les présents convenus; qu'il avait, contre son engagement, bâti de nouveaux châteaux et ajouté aux fortifications des anciens; que malgré sa promesse, il ne lui avait pas fait parvenir d'utiles avis; enfin que des Arméniens, vêtus, par son ordre, de saracoutches tatares, avaient assailli des caravanes, et qu'il avait faussement assuré que c'étaient des troupes tatares; acte de violence qui avait provoqué la prise

[ocr errors]
« AnteriorContinua »