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offert les présents de Beïbars, qui consistaient dans une cuirasse et un casque faits de piquants de hérissons, un sabre, un arc

,, . et neuf flèches, l'un des envoyés dit au Khan mongol, que son maître avait reçu plusieurs ambassades de la part du Khan Mangou-timour, qui le pressait d'attaquer, de son côté, le royaume d'Abaca, tandis qu'il y entrerait du sien, et lui proposait que chacun gardât ce qu'il aurait conquis. Ce discours causa une vive émotion à Abaca; il sortit aussitôt de la salle, et quelques jours après, il congédia les deux envoyés (i). L'année suivante, Abaca envoya au sultan une seconde ambassade qui arriva à Damas saf. 671. en septembre 1272. Elle demanda que le sultan, ou bien la personne la plus éminente après lui, se rendît à la cour mongole pour y traiter de la paix. Beïbars répondit que si Abaca voulait faire la paix, il pouvait venir lui même ou envoyer un de ses frères.

9 JPeu après, le sultan informé que les Mon

gols menaçaient les deux places frontières d'Er-Rahbet et d'El-Biret, partit avec des troupes de Damas, incertain sur lequel de ces

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deux points il devait se diriger; mais il apprit en marche que les Mongols avaient mis le siége devant Biret. Pour traverser l'Euphrate, il fit transporter de Damas et de Himss, sur des bêtes de somme, des bateaux démontés. A son approche, les Mongols, qui étaient postés vis-à-vis d'un endroit où il y avait un gué facile, le quittèrent pour aller se retrancher sur un autre point où le fleuve était profond. Trompés par ce stratagême, les Égyptiens crurent que le gué était au lieu défendu par l'ennemi, et ce fut là qu'ils tentèrent le passage. Les barques furent lancées à l'eau et se remplirent d'archers qui allèrent harceler les Mongols; en même temps la cavalerie, conduite par le général Kélavoun, se jetta dans le fleuve, en escadrons serrés, les hommes se tenant d'une main à la bride, s'appuyant de l'autre sur leurs lances, et passèrent l'Euphrate à la nage, quoique les cavaliers et les chevaux fussent bardés de fer; Beïbars traversa des premiers. Les Mongols, dont la force était de trois mille hommes, protégés par des retranchements, furent mis en déroute; — leur chef périt avec un grand nombre des siens; on leur fit des prisonniers. Le sultan rendit graces à Dieu de ce succès, par un Namaz de deux rek'ats, à l'endroit où l'ennemi

avait campé; c'était vis-à-vis du château de Monbedj; il y resta jusqu'au lendemain pour attendre le retour des troupes qui avaient poursuivi l'ennemi, et repassa le fleuve; il apprit alors que le corps mongol qui avait mis le siége devant Biret, sous les ordres du général Deriaï, s'était retiré abandonnant ses catapultes et ses vivres. Beïbars alla camper sur une hauteur vis-à-vis de Biret, et passa sur un pont de bateaux jeté par l'ennemi, pour entrer dans cette place, dont il récompensa généreusement la garnison. Il reprit ensuite la route de Damas, où il fit une entrée triomphale, précédé de ses prisonniers(i). Cette courte campagne fut bientôt suivie d'une invasion en Cilicie. Le commandant de la province d'Alep, Hossam-ud-din d'Aïntab, s'était plaint au roi d'Arménie des molesta

^i) Vie de Beïbars, par Schafi. — Novaïri. — Ben Tagri-birdi. — Macrizi. —D'après Novaïri, les Mongols détachés de l'armée de siége, qui furent battus par le sultan, étaient au nombre de cinq mille, commandés par le général Tchabacar. Selon Vassaf, (t. I,) l'armée égyptienne était de douze mille hommes. Cet auteur rapporte que pour traverser l'Euphrate, et attaquer l'ennemi, Beïbars fit jeter dans le fleuve jusqu'à trente-cinq mille chameaux, dojt le» corps servirent de pont à ses troupes!

tions que les habitans de la ville de Kinouc faisaient éprouver aux marchands et aux voyageurs mahométans. Ne recevant point satisfaction, il passa la frontière et arriva inopinément devant Kinouc. Les habitants se réfugièrent dans la citadelle, qui fut bientôt prise; les hommes furent égorgés; les femmes, réduites en captivité (i). Les troupes syriennes parurent ensuite devant Sis; mais voyant que cette capitale ne serait pas une conquête facile, elles se dirigèrent sur la ville de Tarse, la prirent, et la saccagèrent; puis elles firent leur retraite, chargées de butin. Le roi Léon III, qui règnait depuis quatre ans, et avait mis tous ses soins à réparer les maux que la dernière invasion des Égyptiens avait causés à son pays, à relever de leurs ruines les cités et les monastères détruits par les troupes musulmanes, suspectant la fidélité de ses grands vassaux, s'était retiré dans les montagnes. Son pays était à peine évacué, qu'il apprit la marche d'un corps égyptien encore plus nombreux. Alors il exhorta ses sujets à combattre, du moins pour le soutien de la foi, et marchant

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à l'ennemi, tandis qu'une partie de ses troupes engageait le combat, il se porta avec l'autre sur les derrières des Égyptiens, qui furent mis en déroute (i).

Lorsque ses troupes ravageaient la PetiteArménie, Beïbars averti de mouvements militaires dans les provinces d'Abaca, fit à la 26 moh. hâte des préparatifs de défense. Étant parti du Caire avec les officiers de sa maison, S? et apprenant à Ascalon, qu'Abaca, après un séjour à Bagdad, s'était dirigé, en chassant, vers le Zab, il expédia l'ordre en Egypte de faire marcher des troupes. Quatre mille hommes partirent sous les ordres du général Taïbars. Comme les nouvelles de la Perse devenaient de plus en plus alarmantes , le sultan ordonna que toute l'armée égyptienne, y compris les troupes arabes, se mît en marche, sous le commandement du général Bilbeg; il décréta en outre une levée en masse; quiconque possédait un cheval, devait remplir l'obligation sacrée de marcher contre les infidèles. Le sultan arriva à Da17 saf. mas le 2 de septembre; mais l'ennemi ne

(i) Chamisch, t. II, p. 25g. Cet historien place ces événements à l'année 1276.

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