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tit avec deux Toumans, lui faisant dire qu'il lui envoyait le secours demandé; mais il lui laissait ignorer qu'il venait en personne. A peine Borac eut il reçu cette réponse qu'il apprit la mort des deux princes contre lesquels il s'était armé; comme s'il eut soupconné le dessein secret de Caïdou, il lui manda aussitôt, qu'il regrettait que ce prince eut pris la peine de venir en personne, d'autant plus que son secours ne lui était plus nécessaire; qu'il s'en retournait à cause de son infirmité et désirait attendre, pour leur entrevue, l'époque de sa guérison. Caïdou n'en continua pas moins sa marche, et atteignit Borac dans la nuit même. Il fit entourer de ses troupes le camp de Borac, avec le projet de le voir le lendemain; mais Borac mourut dans la nuit. Les officiers que Caïdou lui envoya le jour suivant pour régler l'entrevue, entendirent, en arrivant, les gémissements de son Ordou, et virent que ses gardes avaient les cheveux épars. A cette nouvelle Caïdou et tous les princes versèrent des larmes. Borac fut enseveli au sommet d'une haute montagne, et le lendemain, Moubarekschah, les généraux et les chefs de mille vinrent prêter serment de fidélité à Caïdou. Ce prince leur abandonna, à leur demande, tous

les biens et les trésors de Borac, qu'ils se partagèrent (i).

(i) Raschid. — Selon Vassaf, après la défection d'une grande partie de ses troupes, Borac étant allé avec sa femme Tougaï et un petit nombre de serviteurs, chercher un asile auprès de Caldou, fut au bout de peu de temps empoisonné.

CHAPITRE IL

Tentative d'assassinat sur Abaca. — Son investiture par un ambassadeur de Coubilaï. — Blessure à la chasse. — Dévastation du Khorazm et de la Transoxiane. — Succès de Beïbars contre les Croisés. — Invasion d'une armée mongole en Syrie. — Sa retraite. — Ambassades entre Beïbars et Abaca. — Siége d'El-Biret par les Mongols. — Courte campagne de Beïbars. — Invasion des Egyptiens en Cilicie. — Armements inutiles de Beïbars.—Intelligences secrètes de Beïbars en Perse.— Persécution des chefs du clergé nestorien à Bagdad et à Irbil. — Expédition de Beïbars en Cilicie. — Invasion de Beïbars dans le Roum. — Bataille d'Aboulistin. — Entrée de Beïbars dans Césarée. — Son séjour dans le Roum. — Sa retraite en Syrie. — Des princes Caramans. — Mort de Beïbars. — Elévation au trône de son fils Sa'ïd. — Arrivée d'Abaca dans le Roum. — Son message à Beïbars. — Ses exécutions cruelles dans le Roum. — Son retour à Alatac. — Condamnation et mort du Pervané.

Après sa victoire, Abaca laissant le prince Boutchin, avec un corps de troupes, dans le Khorassan, reprit la route de l'Azerbaïdjan (i). Comme il passait sur les contins du

^i) Vassaf, tom. I.

Deïlem , il fut assailli à l'improviste par une troupe de Deïlemites. L'Atabey Youssoufschah mit pied à terre, se jeta sur eux, en tua plusieurs et délivra le Khan. Youssoufschah, quoique souverain du Louristan, résidait à la cour d'Abaca, avec une garde de deux cents hommes, et faisait gouverner son pays par des préfets. Il avait fourni à son suzerain un gros corps de troupes dans sa guerre contre Borac, où il se signala par des traits de valeur. Abaca voulant reconnaître la nouvelle preuve de dévouement que ce prince venait de lui donner, lui conféra l'investiture du Khouzistan et de trois districts frontières du Lour. Youssoufschah, comblé de marques de faveur, se rendit dans l'un de ces districts, nommé Couh Kilouyé, et attaqua les Schoules (i).

Abaca arriva à Méraga, le 18 octo- 66'

bre 1270, et le 6 novembre suivant, à ses Ordous de Tchogatou. Il y reçut des ambassadeurs de l'empereur Coubilaï, qui lui apportèrent une couronne, un manteau d'investiture, et des lettres patentes, par lesquelles ce monarque lui confirmait le pouvoir souverain sur l'Iran, que son père

(i) Tarikh Gouzidc , bab IV, fasscl a.

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lui avait légué. Abaca renouvella, à Tchogatou, les cérémonies et les fêtes d'usage à l'avénement d'un Khan mongol. Il reçut, dans le même temps, des ambassadeurs de la part de Mengou-timour, chargés de le féliciter de sa victoire sur Borac, et de lui offrir des éperviers, des gerfaults et des faucons.

Chassant, un jour, dans les environs de Tchogatou, Abaca fut blessé au cou par la corne d'un bœuf sauvage. Comme le sang coulait en abondance, on crut devoir l'arrêter, en pinçant la corde d'un arc sur la blessure jusqu'à ce qu'elle fut cicatrisée. Il y survint une tumeur qui le fit beaucoup souffrir. Aucun de ses médecins n'osait la percer; l'astronome Nassir-ud-din répondit sur sa tête qu'il n'y avait point de danger; on ouvrit la plaie, on la nettoya et la douleur fut appaisée (1). -

Deux corps de troupes furent envoyés par Abaca dans la Transoxiane et le Khorazm, pour ravager ces pays. Après la mort de Borac, ses quatre fils {2) s'étaient- unis contre

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