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domaines. Le Sahib Schems ud-din Mohammed de Djouveïn, fils du Sahib Behaï-ud-din Mohammed, fut continué dans le poste de premier ministre. Abaca fit des libéralités à une centaine de savants, sortis de l'école de Khodja Nassir-ud-din de Thouss, lesquels se trouvaient à sa cour. Il voulut que Tébriz fut le siége de son Empire; mais il choisit pour ses quartiers d'été Alatac et Siah-couh (i), pour ses quartiers d'hiver, l'Arran, Bagdad ou Tchogatou.

Houlagou avait demandé en mariage une fille de l'empereur de Byzance. Michel Paléologue lui donna une de ses filles naturelles, nommée Marie, qu'il avait eue d'une demoiselle de la famille Diplovatatze, et la fit partir sous la conduite de Théodose de Ville-Hardouin, archimandrite du couvent de Panto.crator, et frère du prince de l'Achaïe et du Péloponèse (2). A son arrivée à Césarée, la

(1) Siah-couh veut dire, en persan, montagnes noires. C'est le nom d'une chaîne de montagnes qui borde au nord le Curdustan, et celui également d'une autre chaîne plus étendue, qui court entre Raï et Ispahan.

(2) Pachymeres, ap. Stritter, Mern. popul., etc., t. III, p. 104 4- Selon BarHebréeus, p. 567, le prélat chargé de conduire Marie auprès de Houlagou était Euthymius, patriarche d'Antioche.

princesse apprit la mort de Houlagou; néanmoins elle continua son voyage, et arriva à la cour d'Abaca, qui l'épousa. Les Mongols l'appelaient Despina, de son titre grec de princesse (i). 664 Ayant achevé l'hiver de ia65 dans le Mazendéran, Abaca se rendit au printemps à Tébriz. Il reçut, peu après, la nouvelle que Nocaï était entré sur son territoire par Derbend. Le prince Yschmout passa le Kour et rencontra l'ennemi près de la rivière Acsou. La bataille fut sanglante et longtemps indécise; Nocaï y fut blessé à l'œil; son armée se retira en désordre dans le Schirvan. A la suite de ce succès, Abaca lui-même franchit le Kour; mais, apprenant que Berçai s'avançait avec une armée formidable, il repassa ce fleuve, fit rompre tous les ponts et campa sur sa rive méridionale. Les deux armées restèrent une quinzaine de jours en présence, séparées par le fleuve et se lançant des flèches. Enfin Berçai remonta le Kour , pour le tra

(i) Baschid en fait mention, sous le nom de Tespina, à l'article de la famille d'Abaca, en parlant de ses femmes dont plusieurs la surpassaient en rang; il la dit fille du souverain de Trébizonde.

verser près de Tiflis, mais il mourut pendant cette marche. Alors ses troupes se retirèrent, emportant le cercueil de leur maître qui fut inhumé à Serai.

Délivré de ce danger, Abaca fit élever, au-delà du Kour, un rempart, bordé d'un large fossé, depuis Dalan (ou Valan) naour jusqu'au Descht-Kurdian (i), et y plaça un cordon de troupes mongoles et musulmanes; puis il alla passer l'hiver de 1266 dans le 665. Mazendéran et le Djourdjan.

L'année suivante, Abaca s'avança jusqu'à Kéboud-djamé (dans le Mazendéran), à la rencontre de sa mère Yessountchin Khatoun, qui arrivait de Mongolie, accompagnée de Coutouï Khatoun, également veuve de Houlagou, et des deux fils de cette dernière, Tekschin et Tacoudar, ainsi que des fils de Tchoumoucour. En partant pour la Perse, Houlagou avait laissé ces deux princesses sous la tutèle de Mangou. Son second fils Tchoumoucour, d'un mois seulement plus jeune qu'Abaca, auquel il avait confié, à la même époque, le commandement sur ses Ordous en Mongolie, s'était vu obligé, après

(i) Vaisaf dit que ce retranchement fut appelé Âssia.

ta mort de l'empereur Mangou, de suivre le parti d'Aric-Bouga, parce que ses domaines se trouvaient dans le pays occupé par ce prince, et il s'était battu contre l'empereur Coubilaï. Appelé en Perse par Abaca, il mourut en deçà du Djihoun, laissant deux fils Tchousgat et Kinkschou. Abaca donna en apanage à Coutouï Khatoun le district de Mayafarkin, à une autre veuve de Houlagou, nommée Oldjaï Khatoun, une partie du Diar-Bekr et du Djeziré, et d'autres domaines aux enfants que Houlagou avait eus de plusieurs concubines.

Les deux années suivantes ne furent signalées par aucun événement important dans l'Empire. Abaca, menacé du côté de l'orient, ne fit rien pour arrêter les entreprises du sultan d'Egypte. Après la levée du siége de Biret, et la mort de Houlagou, Beïbars, plus tranquile du côté de l'Euphrate, avait tourné ses armes contre les Croisés, et leur avait pris, dans les années 1265 et 1266, les villes de Césarée, Arssouf, Safad, Yafa, Schakif, les châteaux de Mélouhat, Hifa, Djéleba, Arca, Caliat. Ces conquêtes furent bientôt suivies d'une invasion en Cilicie (i). Le sultan

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somma le roi Hethoum de lui payer un tribut , d'ouvrir les communications avec la Syrie, et de permettre l'exportation des grains de son pays. N'ayant pas reçu une réponse satisfaisante du roi arménien, qui était retenu par la crainte des Mongols (i), il envoya 5 zoulc. contre la Cilicie un corps d'armée commandé 664par Al-Manssour prince de Hamat, et sous lui, par les généraux Yzz-ud-din Aïgan et Seïfud-din Calavoun (a). Hethoum alla lui-même demander du secours au commandant des troupes mongoles dans le Roum, qui déclara ne pouvoir lui en donner sans l'ordre exprès d'Abaca. Hethoum envoya un de ses officiers à la cour du Khan, et attendit son retour; dans l'intervalle, les Egyptiens entrèrent en Cilicie. Tandis que le prince Levon, auquel son père avait laissé le commandement de l'armée, gardait le défilé d'Iskendérounat, sur le bord de la mer, les Égyptiens franchirent les montagnes qui le dominaient, où l'on ne craignait point qu'ils pussent passer, depuis que le roi avait fait construire des tours sur leurs sommets, et attaquèrent Lévon, août

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