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« de la foi catholique, vous affermiriez vo« tre puissance temporelle et vous parvien« driez indubitablement à la gloire éternelle. « Au reste, comme le susdit Jean ne nous « a pas produit des preuves suffisantes de vo« tre résolution, nous adressons nos lettres à « notre vénérable frère, le patriarche de Jé« rusalem, en l'invitant de s'informer des in« tentions de Votre Sérénité à cet égard, et « de nous écrire ce qu'il en aura appris; c'est « pourquoi, nous vous prions de confier à « ce patriarche le secret de votre volonté, « afin que recevant de lui la certitude de ce « qui nous a été annoncé, nous avisions, avec « la promptitude convenable, à tout ce qui « pourra être utile (i). »

(i) Odor. Rajnaldus, t. III, p. 63.

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A B A C A.

Avénement au trône d'Abaca. — Nomination de ses lieutenants dans les provinces. — Son mariage avec une princesse grecque. — Invasion de Nogaï par le Derbend. — Sa défaite. — Mort de Bercaï. —. Arrivée de Mongolie d'une partie de la famille de Houlagou. — Conquêtes de Beïbars sur les Croisés. — Invasion des Égyptiens en Cilicie. — Paix entre Hethoum et Beïbars.— Guerre entre Borac et Caïdou. — Paix. — Couriltaï. — Préparatifs de Borac pour envahir le Khorassan. — Ambassade de Mass'oud Bey. — Ambassadeurs de Borac. — Défection et arrestation du prince Nigoudar. — Passage du Djihoun par Borac. — Défection de Kiptchaa Ogoul. — Conquête d'une partie du Khorassan. — Stratagéme d'Abaca et défaite de Borac. — Retraite et fin de Borac.

Dès que Houlagou eut expiré, un courier fut expédié à son fils aîné Abaca, qui passait l'hiver dans le Mazendéran, et selon l'usage établi, l'on ferma toutes les routes qui partaient de la résidence royale, en sorte que les voyageurs furent obligés de s'arrêter. Le prince Yschmout, troisième fils de Houlagou, arriva, sept jours après la mort de son père, de la frontière du Derbend où il commandait, et sonda les dispositions des généraux à son égard; mais, n'en concevant aucune espérance, il repartit, au bout de deux jours, pour son gouvernement.

Abaca arriva, le 9 mars, à l'Ordou de Tchogatou. Les princes du sang et les généraux étaient allés à sa rencontre. Le noyan Ilga, maréchal des Ordous, l'un des premiers généraux, lui offrit les mets et le vin funèbres; ensuite il l'entretint en particulier des affaires publiques et des derniers moments de son père. Après avoir rendu les derniers devoirs aux mânes du souverain défunt, les Khatounes, les princes du sang et les généraux s'assemblèrent pour lui donner un successeur. Les principaux chefs militaires étaient les noyans Ilga, Sougoundjac, Sounataï, Abataï, Témagou, Singtour et Argoun Aca. Singtour, qui avait reçu les dernières volontés de Houlagou, et Sougoundjac, attestèrent qu'il avait désigné pour son successeur son fils aîné Abaca. Ce

prince, selon l'usage, se défendit d'accepter le trône et l'offrit à chacun de ses frères; mais tous, au même instant, fléchissent le genou et le reconnaissent pour leur souverain. Abaca leur dit qu'il ne peut pas s'asseoir sur le trône, sans l'ordre de Coubilaï Caan, son oncle. Alors toute l'assemblée s'écrie que personne n'y a plus de droits que lui, désigné par son père, et connaissant mieux qu'aucun prince du sang les coutumes et les lois de la nation (i). Enfin, le 19 juin, jour fixé par 3ramaz. les Cames et par les astrologues, Abaca (2) fut inauguré à Tchagan naour, dans le district de Berahan (3). Né en mars ia34, de Yessountchin Khatoun, Seldouze de nation, il 53^ avait alors trente-un ans. Les princes du sang allèrent, chacun à son tour, la ceinture jetée sur la nuque, fléchir sept fois le genou devant le soleil. Les fêtes durèrent plusieurs jours et les convives se livrèrent au plaisir

(1) Raschid.

(2) Ce nom signifie, en mongol, oncle maternel.

(3) Tchagan naour veut dire en mongol lac blanc. Berahan ou Feralian est un bourg avec un château dans le district de Hémédan, près d'un lac d'environ seize ferscntis carrés. Voy. Mérassid-ul-ittila' et Naschk-id-Azhar, ouvrages géographiques en arabe.

de boire, d'entendre de la musique, de contempler les charmes d'un essaim de jeunes beautés qui les servaient (i).

A la suite de ces réjouissances et des largesses accoutumées, Abaca, quoiqu'il ne voulût s'asseoir que sur un tabouret, jusqu'à l'arrivée de l'ordonnance de Coubilaï qui devait sanctionner son élévation, exerça les droits de l'autorité suprême. Il confirma d'abord tous les statuts de Houlagou; puis il distribua les gouvernements de l'Empire. Il confia à son frère Yschmout la défense des provinces frontières depuis Derbend jusqu'à Alatac. Il donna à un autre de ses frères, du nom de Boutschin, le Khorassan et le Mazendéran; à Tougouz-Bitikdji, fils du noyan Uga, et àToudan, frère du noyan Sougoundjac, le commandement dans le Roum; à Dourtaï, le Diar-bekr et le Diar-rabi'a; à Schiramoun, fils de Tchourmagoun, la Géorgie; Bagdad et le Fars à Sougoundjac, qui devait avoir pour substitut, dans Bagdad, le ministre Alaï-ud-din A'ttamélik. Il confirma le roi de Géorgie, David; le prince de Nimrouz (Sidjistan), Schems-ud-din Kert;la reine du Kerman, Turkan Khatoun. Argoun Aca conserva l'administration générale des

(1) Vassaf.

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