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l'usage mongol, on jeta dans sa tombe beaucoup d'or et de pierreries, et l'on y enterra toutes vives des filles richement parées et brillantes de jeunesse et de beauté; puis on y porta, plusieurs jours de suite, des mets pour ses mânes (i).

Quatre mois et onze jours après Houlagou, mourut Docouz-Khatoun, qui avait tenu le premier rang parmi ses femmes. « Cette prin« cesse, dit Raschid, née dans le christianisme, « que professe la nation Keraïte à laquelle « elle appartenait, protégeait constamment ses « coreligionnaires, et par égard pour elle Hou« lagou favorisait, distinguait les Chrétiens, « qui profitant de cette époque de prospérité, « bâtirent des églises dans toutes les provin« ces de sa domination. A l'entrée de l'Ordou « de Tocouz-Khatoun, il y avait toujours une « église, de laquelle retentissait le son des « cloches. » Aussi la mort de Houlagou et celle de son épouse furent déplorées par les Chrétiens d'Asie (2).

le nom de Schahou-tala et celui de mont Schahou, en face de Sakhvarekan. (1) Vassaf.

(2) « En 1576 (ia65), au commencement du carême, « mourut Houlagou, dont la sagesse, la magnanimité et

Houlagou eut de ses cinq femmes et de ses concubines, treize fils et sept filles (i).

« les hauts faits, ne souffrent point de parallèles. L'été « suivant, la reine très-fidèle, Tocouz Khatoun, quitta ce « monde. Par la disparition de ces deux grands astres, « qui étaient les protecteurs de la foi chrétienne, les « Chrétiens, sur toute la terre, furent plongés dans le « deuil. (Bar Hebraeus, Djn. XI, p. 542). —Le grand et « pieux roi, le maître du monde, l'espoir des Chrétiens, « Houlagou-khan, mourut en l'an 1265. Il fut bientôt « suivi de sa respectable épouse, Doghouz Khatoun. Ils « furent tous deux empoisonnés par l'artificieux Sahib « Khodjea, (le vézir Schems-ud-din Mohammed de Djou« veïn). Le Seigneur sait qu'ils n'étaient guère inférieurs

« en bienfaisance , à Constantin et à sa mère Héléne.

« Comme Houlagou aimait beaucoup les Chrétiens, toutes « les nations qui font profession de la vraie foi, lui « obéirent volontairement et lui furent d'un très-grand « secours. (Et. Orpélian, Hist. des Orpélians, dans les « Mémoires sur l'Arménie de M. St. Martin, tom. II, « p. 123 et 152). — Houlagou, (après la prise de Bagdad) « ordonna que l'on traitât partout les Chrétiens avec « douceur, et qu'on leur donnât la garde des villes et « des châteaux, et il fit mettre tous les Sarazins en ser« vitude. Il avait une femme chrétienne nommée Doucoz

« Caton. Celte dame était une très-dévote chrétienne;

« elle employait toute son attention à détruire les temples « des Sarazins, qu'elle fit détruire de fond en comble, et ré« duisit les Sarazins dans une si grande servitude, qu'ils n'o« sèrent plus montrer le nez.» (Haïton, Hist. orient., ch. 27). (1) Raschid.

Un historien égyptien rapporte de singuliers jugements qu'aurait rendus Hou- lagou. Plusieurs individus vinrent un jour implorer sa justice contre un fabricant de limes qui avait tué un de leurs parents; ils demandaient que le coupable leur fut livré, afin qu'ils pussent lui faire subir la loi du talion. Houlagou voulut savoir s'il y avait beaucoup de fabricants de limes dans le pays. On lui dit qu'ils étaient en petit nombre. Il réfléchit un instant; puis, levant la tête, il prononça que les plaignants n'avaient qu'à venger leur parent sur un fabricant de bâts, pensant qu'on pouvait plutôt se passer d'un de ces artisans qui étaient nombreux. Mais les parents de l'homicide ayant déclaré qu'ils n'en voulaient qu'à la vie du coupable même, Houlagou crut les contenter en leur faisant livrer une vache comme satisfaction. Un homme à qui un tisserand de drap d'or avait crevé un œil, dans une querelle, vint demander justice à Houlagou. Ce prince fit crever un œil à un fabricant de flèches. Quelqu'un prit la liberté de lui en demander la raison. « Le « passementier, répondit il, a besoin de ses « deux yeux, au lieu que l'ouvrier en flèches « n'a besoin que d'un œil, puisqu'il ferme « l'autre lorsqu'il regarde si la flèche est droite» (i).

Sur les monnaies de Houlagou qui nous ont été conservées, son nom est précédé de celui de son suzerain; elles portent cette inscription en arabe: Le très-grand Caan; le grand Houlagou Ilkhan. Ses successeurs ne prirent sur leurs monnaies que la qualification de gouverneurs (Darouga) du Caan (a).

On trouve dans la collection d'Odoric Raynald une lettre d'un pontife romain à Houlagou , sans nom ni date, mais que cet auteur attribue à Alexandre IV et place à l'année ia6o. Le pape exprime au prince mongol la joie qu'il a ressentie en apprenant d'un certain Jean, hongrois, qui se disait avoir mission de le lui annoncer, que Houlagou était disposé à embrasser la foi catholique, et désirait que le pape chargeât quelqu'un qui en fut digne du soin de l'instruire, et de lui administrer le baptême. « O quelle joie, con« tinue le pontife, se répand dans notre ame, « quand nous considérons combien votre pré

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« sence serait agréable à votre créateur et « rédempteur, qui se livra, pour le salut du « genre humain, au supplice de la croix, « si vous vous présentiez devant lui, au ter« rible jour du jugement, avec la marque « du baptême et les autres insignes du chris« tianisme, non-seulement vous , mais aussi «vos sujets, qui suivraient, sans doute, vo« tre exemple; ce qui ajouterait à vos méat rites, et augmenterait votre récompense « éternelle. Environné de cette multitude, « arrachée au gosier de l'ennemi r comme « vous attendriez avec bien plus de sécurité « ce jugement si terrible! Considerez, ô mon « fils! considerez combien est passagère l'exis« tence dans ce monde; avec quelle vitesse, « avec quelle facilité se dissout le corps hu« main; et si vous avez pris une semblable « résolution, exécutez la le plus promptement « possible. Voyez quel accroissement recevrait « votre puissance, pour subjuguer les États « sarazins, si le bras de la milice chrétienne « vous assistait ouvertement et fortement, « comme il le peut avec la grâce de Dieu; «si, soutenu par la puissance divine, sous « le bouclier de la chrétienté, vous étiez force tifié par l'aide des Chrétiens. Certes, en « dirigeant vos actions selon les enseignements

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