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avait attachés au service de sa personne; ils firent aussitôt savoir à Salar ce qui venait d'arriver. Salar vit que c'était un artifice. Il reçut peu après l'ordre de se rendre à la cour; mais, craignant d'être mis à mort, il se sauva sur le territoire du sultan d'Egypte, abandonnant ses biens et sa famille. Le sultan l'accueillit avec distinction, et lui donna un commandement militaire avec un fief considérable (i).

Houlagou fut empêché d'exécuter ses desseins sur la Syrie et l'Egypte, par une guerre qu'il eut à soutenir contre son cousin Berçai, fils de Djoutchi, souverain des vastes contrées situées au nord de la Mer ISoire et de la Mer Caspienne. On a vu (2) que la mort de Batou avait été promptement suivie de celle de son successeur Sartac, dont le fils en bas âge Oulagtchi fut placé par l'empereur Mangou à la tête de l'Oulouss de Djoutchi, sous la tutèle de sa mère, et que cet enfant étant mort au bout de quelques mois , Bercaï, le troisième fils de Djoutchi, avait été élevé au trône dans l'année 12 56. Ce

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prince, qui s'était fait musulman, et avait propagé l'Islamisme parmi ses sujets, se prévalant de son droit d'aînesse, et de ce qu'il avait principalement contribué à l'élévation au trône de l'empereur Mangou, faisait souvent à Houlagou de vives remontrances. Il lui reprochait ses cruautés, ses fureurs exercées également sur amis et ennemis, la destruction de tant de villes maho- métanes, la mort du Khalife, qu'il avait ordonnée sans avoir consulté les princes de sa famille. Berçai avait encore un motif de ressentiment plus direct. Lorsque Houlagou avait marché en Perse, trois princes de la race de Djoutchi s'étaient joints à son armée: Balacan et Toumar, l'un petit-fils, l'autre arrière petit-fils de Djoutchi, à la tête du contingent de la branche de Batou; et Couli, fils d'Ourda, fils de Djoutchi, à la tête du contingent d'Ourda. Le prince Toumar fut accusé devant Houlagou d'avoir tenté de lui nuire par des maléfices; interrogé, il s'avoua coupable. Houlagou, par égard pour Bercaï, ne voulut pas punir son parent; il le lui fit conduire par le général Sougoundjac. Après avoir reconnu que le délit de Toumar était constaté, Bercaï, conformément au Yassaï de Tchinguiz-khan, le renvoya à Houlagou afin qu'il

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17 safer disposât de son sort, etlloulagou le fit exécu- 658 ter. Peu après moururent Balacan et Couli. 2 fév. .. ,.,.,, . 1260.

Berçai soupçonna qu ils avaient ete empoisonnés. Les familles de ces trois princes s'enfuirent de Perse, et gagnèrent Derbend, où elles s'embarquèrent pour la Riptchakie.

Houlagou, las d'endurer les reproches et les réprimandes de Berçai, déclara que, quoique ce prince fut son aîné, il ne méritait plus d'égards puisqu'il ne gardait plus de mesure. Bercaï, instruit du ressentiment de Houlagou, manifesta, de son côté, l'intention de venger le sang de tant de milliers d'individus qui avaient péri par ses ordres (i). Il fit marcher une armée de trente mille hommes commandée par Nogaï, cousin de Toumar, qui ayant franchi le Derbend vint camper à la vue de Schirvan (2).

Lorsque les troupes des trois princes de la branche de Djoutchi virent éclater la guerre entre leur souverain et Houlagou, elles sortirent précipitamment de la Perse; une par

(1) Selon Vassaf, les princes de la branche de Djoutchi prétendaient que l'Arran et l'Azerbaïdjan devaient leur appartenir; ce fut la vraie cause de la guerre.

(2) Nous ignorons quelle ville est désignée sous ce nom.

lie regagna ses foyers pas la route du Derbend; l'autre, plus nombreuse, sous les ordres de deux généraux, nommés Negoudar et Ongoudjia, passa par le Khorassan poursuivie par des troupes de Houlagou et alla s'emparer du pays de Ghazna et d'autres coiia schew. trées limitrophes de l'Inde. 660 Houlagou partit d'Alatac (i), à la tète 122u d'une armée qu'il avait assemblée de toutes les provinces de la Perse. Son avant-garde, commandée par le noyan Schiramoun, fils de Tchormagoun, fut complètement battue près de Schamakhi; mais peu de jours après le noyan Abataï répara cette défaite, par une . victoire qu'il remporta à une lieue de Schirnov. van. Houlagou se mit en marche de Scha

(i) Alatac était la résidence d'été de Houlagou, et fut celle de plusieurs de ses successeurs. Il est souvent fait mention de ce lieu dans l'histoire de la dynastie Ilkhanienne. Raschid nous apprend que Houlagou étant parti de Tébriz, pour son expédition en Syrie, et se dirigeant sur Akhlatt, passa par les prairies d'Alatac dont il fut charmé. Selon le Djilian-Kunia, l'Alatag est la chaîne de montagnes où le Mourad-tchaï, c'est-à-dire, l'Euphrate, prend sa source. Elle est, par conséquent, aune •vingtaine de lieues au nord du lac Van, et non loin du mont Ararat. Ala-lag veut dire, en turc, nwnt bigarn:

niakhi pour profiter de cet avantage. Il chassa 8 déc. l'ennemi du Derbend et le battit au nord de cette ville. Nogaï prit la fuite, et fut pour- 16 déc. suivi par un gros corps de troupes, qui s'empara, au-delà du Térek, de son camp abandonné, où il trouva une multitude de femmes, d'enfants et de bétail. L'armée de Houlagou s'arrêta dans ce camp et s'y livra, pendant trois jours, à l'ivresse et à la débauche; mais tout à coup Nogaï revient; les troupes de Houlagou sont surprises et battues près du Térek; les fuyards veulent passer le fleuve sur la glace, qui se rompt sous leurs pieds, et il en périt un grand nombre.

Houlagou revint à Tébriz, l'esprit abattu n dj.-a de cet échec. Il donna ses ordres pour la -—— mise sur pied d'une nouvelle armée (i) et se vengea de sa défaite sur les marchands du pays de Bercaï, qui se trouvaient à Tébriz; il les fit tous mettre à mort et confisqua leurs propriétés. Usant de représailles Bercaï fit également tuer les marchands, sujets de Houlagou, qui étaient dans ses États. A son tour, Houlagou fit périr une partie des habitants de Bokhara. Cette ville

(i) Raschid.

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