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aux Turcmans, Curdes et Schoules qui se trouvaient dans la place, et les anima à faire une vigoureuse résistance, les assurant qu'ils ne tarderaient pas à être secourus par le sultan d'Egypte. Ils se battirent si vaillamment, qu'au bout d'un mois Samdagou eut besoin de renforts.

En effet, Beïbars, dès qu'il apprit le siège de Moussoul, donna l'ordre à l'émir Schemsud-din Accousch, gouverneur d'Alep, de marcher au secours de cette ville. De Sindjar, Accousch expédia une colombe pour annoncer son approche. Cette colombe, s'étant arrêtée sur une catapulte des assiégeants, fut prise. Samdagou, informé par le billet qu'elle portait au cou, du lieu où se trouvaient les Egyptiens, fit marcher contre eux un corps de troupes qui les attaqua près de Sindjar. Un vent violent qui poussait le sable dans les yeux des Egyptiens, contribua à leur défaite; ils furent en grande partie taillés en pièces. Les vainqueurs saccagèrent la ville de Sindjar; puis, mettant les habits des ennemis tués, laissant flotter leurs cheveux à la manière des Curdes, ils s'avancent vers Moussoul. Les assiégés croyent voir arriver le secours qu'ils attendent; ils sortent de la ville et courent avec des cris de joie au devant de leurs auxiliaires; mais ils sont tout à coup entourés, et aucun d'eux n'échappe à la mort. Malgré cet échec, la place continua à se défendre. Enfin, au bout de neuf mois, elle fut réduite à l'extrémité par les ravages de la peste et de la famine. Alors le prince Salih offrit de se rendre, à condition que Samdagou l'enverrait au prince mongol et demanderait sa grace. On lui promit la vie sauve. Il sortit de la ville le a5 juin 1262, et se rendit au camp de Samdagou avec des présents et des mets (i), précédé de musiciens , de chantres et de baladins (2); mais le général mongol ne voulut ni le voir, ni manger de ses mets, et le mit sous bonne garde (3). Il rassura, au contraire, les habitants de Moussoul, et leur fit démolir les murailles de leur ville; lorsqu'ils eurent achevé, ils furent passés au fil de l'epée; le massacre dura neuf jours (4). Cette ville resta déserte; ce ne fut qu'après le départ des Mongols, qu'environ mille individus qui s'étaient

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cachés dans les montagnes et les cavernes d'alentour revinrent l'habiter (i), et Moussoul eut pour gouverneur l'officier, nommé Schemsud-din Ebn Younes, qui avait trahi le prince Salih, après lui avoir dérobé la lettre de son frère.

Salih, conduit à la résidence de Houlagou, fut mis, par l'ordre de ce prince, dans une peau de mouton, et resta exposé à l'ardeur du soleil pendant un mois entier, au bout duquel il mourut. Son fils Alaï-ud-din, âgé de trois ans, fut ramené à Moussoul. Après l'avoir enivré, on lui serra fortement le basventre avec une corde d'arc, et on le coupa par le milieu du corps; les deux parties furent suspendues aux jambages d'une des portes de la ville.

De Moussoul Samdagou marcha sur Djéziret, et y mit le siége, qu'il continua tout l'hiver. L'évèque nestorien de cette ville, Hananyeschoua (2), qui l'avait quittée, connu personnellement de Houlagou, devant lequel il s'était vanté de posséder la science de l'Alchimie, reçut de ce prince l'ordre de promettre, eu

(i) Raschid.

(a) Ce nom syriaque signifie la grâce fie Jésus.

son nom, la vie sauve aux habitants de Djéziret. La ville se rendit et les Mongols en rasèrent les murs. Ils y placèrent, en qualité de commandant, Djemal-ud-din Gulbeg, l'un des officiers du prince de Djéziret; mais peu après, Samdagou ayant appris que Gulbeg avait remis à un émissaire de son ancien maître, une somme d'or que ce prince avait cachée en certain lieu, il le fit exécuter (i).

A la même époque arriva de l'Yrac en •j"m Egypte un émir transfuge, nommé Salar le Bagdadien. Né kiptchac, de la tribu Durout, il avait été mamelouc du khalife Dhahir, fils de Nassir, et en avait reçu le gouvernement de Vassit, Coufat et Hillet, qu'il conserva pendant les règnes de Dhahir, de Mostanssir, et de Mosta'ssim. Après la prise de Bagdad par Houlagou, Salar joignit ses troupes à celles du prince de Schoschter contre les Mongols; mais voyant qu'ils n'avaient pas assez de forces pour les combattre avec succès, il passa dans le désert de l'Hidjaz. Il y séjournait depuis six mois, lorsqu'il

(i) Bar Hebrseus , p. 541- —- « Samdaghu, mongol chrétien, jeune homme louable, » dit cet historien.

reçut une ordonnance de Houlagou, qui lui conférait son ancien gouvernement, dont il prit possession.

Beïbars étant parvenu au trône, écrivit à Salar et l'engagea à plusieurs reprises de venir à sa cour. Salar y était disposé; mais il voulut différer l'exécution de son projet jusqu'à ce qu'il eut rassemblé ses richesses. Sur ces entrefaites le sultan dit un jour à Kilidj de Bagdad : « Ton camarade Salar viendra nous « trouver. » Celui-ci lui répondit: « Ce n'est « guère probable; car Salar est l'un des mé« liks de l'Yrac; comment quiterait-il ce qu'il « possède, pour venir dans ce pays-ci. » — « Eh bien, reprit le sultan, s'il ne vient pas vo« lontairement, je le ferai venir malgré lui. » Il expédia un messager avec des lettres à l'adresse de Salar, qui semblaient être des réponses, et fit partir avec cet homme un second émissaire, auquel il ordonna de tuer le messager lorsqu'il aurait passé la frontière, et de le laisser là avec ce qu'il portait. Cet ordre exécuté, le corps du messager fut aperçu par les avant-postes mongoles, qui le fouillèrent et envoyèrent à la cour les lettres trouvées sur lui. Il y avait auprès de Houlagou un certain nombre de fils d'anciens Mameloucs du Khalife, que le prince mongol

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