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meloucs pris avec le prince Kamil, huit furent mis à mort, et le neuvième ne fut épargné que parce qu'il répondit, lorsqu'on lui demanda quelles étaient ses fonctions, qu'il était le chef de la vénerie du prince de Mayafarkin. Houlagou le prit à son service (i).

Maître de Mayafarkin, Houlagou ordonna à son fils Yschmout d'assiéger Mardin. A son retour de Syrie, il avait fait inviter Sa'ïd, prince de Mardin, à se rendre auprès de lui. Ce prince s'y refusa, par la même défiance de la parole de Houlagou qui avait déterminé Kamil à se défendre jusqu'à la dernière extrémité (2). Mozaffer, fils de Sa'ïd, était venu rendre hommage à Houlagou devant Alep. Le Khan envoya ce prince à Mardin, et lui dit: Va, conseille à ton père de venir; empêche-le de se révolter et de périr; mais son père ne voulut pas l'écouter et le fit même emprisonner. Alors Houlagou envoya un corps de troupes contre Mardin (3). Cette place, située sur une hauteur, étant hors de la portée des projectiles (4), fut tenue bloquée.

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Au bout de huit mois la famine et une épidémie y exercèrent de grands ravages. Le prince Sa'ïd étant mort de maladie, son fils Mozaffer rendit la place, et fut investi par Houlagou de la principauté de Mardin, qu'il conserva jusqu'à sa mort, en i296 (i).

Cependant le général Baïdéra ayant appris l'assassinat du sultan Couttouz, rentra en campagne avec un corps de six mille hommes , composé des débris de l'armée battue à Aïn-Djalout, et de quelques troupes cantonnées en Mésopotamie (2). Lorsque l'avantgarde mongole fut proche de la forteresse ElBiret, le prince Sa'ïd, fils du sultan Bedr(i) Bar Hebrœus, ibid. — Rascliid. — Ce dernier historien rapporte que Mozaffer-ud-din ne pouvant déterminer son père à se rendre, prit le parti de l'empoisonner, et remit la place aux Mongols. Conduit à Houlagou, il répondit à ce prince qui lui reprochait son crime, qu'il avait tué son père pour sauver la vie de milliers d'habitants. Houlagou lui donna la principauté de Mardin. — Selon Vassaf, le prince Sa'ïd se rendit et fut mis à mort, avec ses ministres, au nombre de sept, malgré les promesses qui lui avaient été faites. Mozaffer fut alors tiré de prison et mis en possession des États de son père; mais il dut recevoir dans Mardin trois commandants (Baskaks) mongols.

(a) ZéhébL

ud-din Loulou (i), auquel Couttouz avait donné le gouvernement d'Alep, afin d'engager son frère Salih, qui avait succédé à son père dans la principauté de Moussoul, de lui faire passer des avis sur les mouvements des Mongols, envoya contre eux un petit corps de troupes, malgré l'avis des chefs des Mameloucs A'ziziens et Nassiriens (2) à Alep, qui jugeaient que cette expédition, trop faible pour repousser l'ennemi, ne servirait qu'à l'attirer dans le pays; en effet, ce corps, attaqué par les Tatares, prit la fuite, et ce qui ne fut pas tué se retira dans El-Biret. Cet échec accrut l'animosité des Mameloucs contre le prince Sa'ïd; lorsqu'ils eurent appris l'assassinat de Couttouz ils se saisirent de sa personne, pillèrent ses tentes, lui extorquèrent tout son argent, puis ils le relâchèrent et se donnèrent pour chef l'émir Hossam-ud-din, qui, à l'approche de l'ennemi, évacua Alep et se retira vers Hamat. Les

(i) C'était le mélik El-Mozaffer Alaï-ud-din, qui venait de recevoir de Couttouz avec le gouvernement de Damas, le titre de Mélik Es-Sa'ïd.

(2) Les mameloucs du prince d'A'zîz, et de son fils jVassir, auxquels Couttouz avait accordé des fiefs dans le pays d'Alep.

Mongols occupèrent Alep, en novembre 126o; ils marchèrent sur Hamat, d'où le prince Al-Manssour Mohammed et l'émir Hossam-uddin se retirèrent vers Himss. Les Mongols parurent devant cette ville, le vendredi, 10 décembre, au nombre de six mille. Aschraf Moussa, prince de Himss, Manssour, prince de Hamat, et l'émir Hossam-ud-din sortirent ce même jour à leur rencontre, avec quatorze cents cavaliers, auxquels se joignit un chef arabe, nommé Zamil Ibn Ali, à la tête d'un corps de troupes de sa nation. Les Mongols furent mis en fuite et poursuivis; ils perdirent dans la déroute beaucoup de monde en tués et prisonniers. Baïdera se retira par la route de Hamat et de Famiyé sur Alep (i). Dans cette dernière ville s'étaient réfugiés les habitants des districts circonvoisins. Le général mongol Gueuga-ilga fit sor

(i) Novaïri. — Macrizi. — Ben Tagri-birdi. — Messalikvl-Abssar. — Ez-Zéhébi. — Selon le Mcssalik-ul-Abssar, les Mongols étaient au nombre de treize mille, et les Musulmans n'avaient pas mille cavaliers. Selon Macrizi et Ez-Zéhébi, il y avait d'un côté six mille Mongols, de l'autre quatorze cent Musulmans, « et ce qu'il y a de plus étonnant, ajoute ce dernier, c'est que les Musulmans n'eurent qu'un homme de tué. »

tir d'Alep toute la population, et proclamer que les Alépins se séparassent des autres habitants, et que ceux de chaque ville, de chaque village se réunissent séparemment. On ne savait pas dans quelle intention cet ordre était donné; les autres Syriens pensaient que les Alépins seraient épargnés; ceuxci croyaient, au contraire, que les étrangers auraient la vie sauve. Selon leur opinion à cet égard, des individus de l'une de ces deux classes passaient dans l'autre. Les Tatares emmenèrent les étrangers à Babili et leur coupèrent la tête, les considérant comme ennemis puisqu'ils s'étaient enfuis de leurs habitations à leur approche; ainsi périrent des habitants d'Alep qui s'étaient rangés parmi eux, croyant se sauver, et dans le nombre plusieurs parents du prince Nassir. Les Alépins conservèrent la vie parce qu'ils n'avaient pas quitté leur ville et furent renvoyés à Alep, où il n'était resté que les infirmes et des individus qui avaient pensé que le plus prudent était d'y demeurer caché. Les Mongols cernèrent la ville, ne permettant à personne d'y entrer, ni d'en sortir; mais, sur l'avis que des troupes égyptiennes marchaient contre eux, ils s'en éloignèrent au commencement d'avril. Après leur départ, Alep^ dé

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