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prince dans la souveraineté du pays de Himss, que Nassir lui avait enlevée, douze ans auparavant, lui donnant en échange le pays de Telbaschir, venait d'être nommé par Houlagou son lieutenant-général en Syrie; il arriva au camp de Merdj-Bargout, et Kitou-boca manda à Zeïn-ul-Hafizzi, ainsi qu'aux autres autorités de Damas, de lui laisser les rênes de l'administration (i).

Après avoir réduit la citadelle d'Alep, Houlagou s'était porté sur la forteresse de Harem, située à deux journées au nord-ouest d'Alep, sur la route d'Antioche. La garnison sommée de se rendre, avec promesse sous serment qu'il ne serait fait de mal à personne, répondit que comme la religion de Houlagou lui était inconnue, elle ne pouvait pas se fier à son serment; mais que si un Musulman lui jurait sur l'Alcoran qu'elle aurait la vie sauve elle livrerait le château. Houlagou leur fit demander de qui ils voulaient ce serment. Ils désignèrent Fakhr-ud-din Saki, dernier commandant de la citadelle d'Alep, comme un homme dont la parole aurait toute leur confiance. Houlagou envoya Fakhr-ud-din à Ha

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rem, avec l'ordre de jurer tout ce qu'on voudrait. Sur la foi de son serment la place fut livrée; on en fit sortir tout le monde. Houlagou, irrité du peu de cas fait de sa parole, fit d'abord mourir Fakhr-ud-din, puis il ordonna le massacre de toute la population de Harem; on tua jusqu'aux enfants à la mamelle. On n'accorda la vie qu'à un habile orfèvre arménien (i).

Houlagou reçut à Alep la nouvelle de la mort de l'empereur Mangou, et prit la résolution de retourner dans ses États (2). Il laissa à Kitou-boca le commandement de son armée en Syrie, nomma Fakhr-ud-din gouverneur d'Alep, et Baïdera gouverneur de Damas. En partant d'Alep, il donna l'ordre de raser les

(1) Raschid. — Messalik-ul-Abssar. — Bar Hebraeus, p. 533.

(2) Raschid. —« Tandis que Haolou, dit Haïton, (Hàt. « or., chap. 29), se disposait à passer dans le royaume « de Jérusalem pour délivrer la terre sainte des mains « des Sarasins, et la restituer aux Chrétiens, il reçut un « courier qui lui apportait la nouvelle de la mort de son « frère. » — D'après ce même historien, il paraîtrait que Houlagou était parti de Syrie avec l'intention d'aller en Mongolie briguer le trône suzerain; mais qu'il apprit, à Tébriz, l'élection de son second frère Coubilaï.

murs de cette ville et de la citadelle; ce qui fut exécuté. Il recommanda au prince Aschraf Moussa de démolir également les fortifications de Himss et de Hamat. Ce prince ne fit détruire qu'une petite partie de la citadelle de Himss, sa capitale; mais la citadelle de Hamat fut rasée par son ordre. Les murailles de cette ville, destinées au même sort, furent conservées par l'adresse d'un certain Ibrahim, fermier des domaines. Il fit entendre à Khou- srewschah, préfet de Houlagou, que les Francs étant dans le voisinage, à Hissn-ul-Acrad, si la ville de Hamat était mise hors d'état de se défendre, ses habitants n'y pourraient pas rester. Cette raison, appuyée d'une forte somme d'argent, détermina ce préfet à laisser subsister les murailles de Hamat (i).

Le noyan Kitou-boca reçut dans son camp de Merdj-Bargout des députés des Francs de la côte, qui lui apportèrent des présents, et le prince Zhahir, frère du prince Nassir, que le général mongol confirma dans la possession de Sarkhad (2). Une division fut envoyée, sous

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les ordres de Couschlou-khan, contre la ville de Nablouss. La garnison de cette place T ayant fait une sortie, fut passée au fil de l'épée. Les Mongols s'avancèrent jusqu'à Gaza f et ravagèrent la partie méridionale de la Syrie r pillant, tuant et faisant des captifs. Ils retournèrent de cette excursion à Damas, où ils vendirent le bétail et les effets qu'ils avaient enlevés. La petite ville de Banias, située à une journée et demie de Damas fut saccagée (i). Sur ces entrefaites, Kitou-boga se rendit maître de la personne du mélik Nassir. De la station d'El-A'risch, Nassir avait continué sa retraite vers Cathia; mais le sultan Couttouz, qui s'était avancé avec des troupes jusqu'à Salahiyét, inquiet de la présence en Egypte d'un prince éyoubite, voulut le mettre hors d'état de lui nuire; il écrivit aux chefs de ses troupes, entre autres, aux Scheherzouriens pour les engager, par des promesses d'argent et de grades militaires, à passer à son service. Séduit par ces offres, les Turcmans et les Curdes quittèrent l'un après l'autre Nassir. Il ne restait auprès de ce prince que son frère Zhahir, le mélik Salih Nour

(a) Macrizi.

ud-din Ismaïl, fils du souverain de Himss, et trois émirs de la famille des Caïméris, lorsqu'il arriva à la station de Cathia; mais il n'osa pas pénétrer plus avant en Egypte; changeant de route il se rendit par le désert à Schoubek. Lorsqu'il y arriva, il ne lui restait, non plus qu'à ceux qui l'accompagnaient, que les chevaux qu'ils montaient, et deux ou trois serviteurs; tous leurs bagages leur avaient été enlevés. Cette petite troupe s'achemina vers Carac, dont le souverain envoya au devant de Nassir des chevaux, des habits, des tentes et d'autres objets nécessaires , en lui laissant le choix de rester auprès de lui ou de s'établir à Schoubek. Nassir n'accepta point ces propositions; il passa dans le canton de Balca, mais bientôt trahi par deux halebardiers curdes à son service, qui allèrent instruire du lieu de sa retraite le noyan Kitou-boca, il fut arrêté avec sa suite par un détachement mongol sur le bord du lac Ziza, et conduit à ce général qui était occupé à assiéger A'djeloun. Le noyan mit à profit cette capture; il emmena le prince Nassir devant A'djeloun, et le contraignit d'ordonner au commandant de la place de la remettre aux Mongols. Cet officier obéit après quelque résistance, et A'djeloun fut rasée.

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