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gols. — Retraite de l'armée égyptienne. — Assassinat de Couttouz. — Elévation au trône de Beïbars.

1249.

avr. 125o.La Syrie obéissait encore à un descendant de Salah-ud-din (Saladin); mais les arrièreneveux de ce guerrier venaient de perdre le trône d'Egypte. Le sultan Salih était mort à Manssoura, pendant que l'armée de St. Louis occupait Damiette. Son décès fut caché avec soin, jusqu'à l'arrivée de son fils, Moazzam Touranschah, qui était dans son apanage de Hissn-Keïfa, en Mésopotamie. L'armée française fut détruite et St. Louis fait prisonnier. Trois semaines après ce triomphe, Touranschah tomba sous les coups des anciens chefs des Mameloucs de son père, qu'il voulait écarter, pour élever à leur place les jeunes courtisans qui l'avaient suivi de Mésopotamie. Après cet attentat, les chefs militaires prêtèrent foi et hommage à une femme, à Schedjer-ud-durr, l'esclave et la concubine du sultan Salih, qui avait joui de toute sa confiance, et dirigé les affaires jusqu'à l'arrivée de Touranschah. Ils élurent généralissime de l'armée, avec le titre d'Atabey, un chef de mameloucs, du nom d'Eïbeg, que la reine épousa, au

bout de trois mois, se démettant de l'empire en sa faveur. Eïbeg prit, en montant sur le trône, le titre de Mo'izz, et s'associa, pendant quelque temps, un prince eyoubite, âgé de six ans, El Aschraf, arrière petit-fils du sultan Kamil.

La révolution qui mit sur le trône des Eyoubites un chef de mameloucs, fait voir combien cette milice était devenue puissante en Egypte. Saladin avait licencié l'armée des Khalifes Fathimites, composée d'esclaves nègres , d'Égyptiens et d'Arabes, et les avait remplacés par des Curdes et des Turcs; son armée d'Egypte était forte de douze mille cavaliers. Ce prince et ses successeurs aimaient à acheter de jeunes esclaves turcs, qu'ils faisaient élever pour le service militaire; mais ce fut Salih, sixième successeur de Saladin, qui donna aux mameloucs (i) turcs la prééminence sur les autres troupes. Avant de parvenir au trône, ce prince avait éprouvé la fidèlité des esclaves de cette nation qui faisaient partie de sa maison militaire. A une époque critique ils n'avaient pas suivi l'exem

• (i) Mamelnuc signifie, en arabe, qui est en puissance de patron.

pie de ses troupes curdes, qui l'abandonnèrent. Salih sut apprécier leur attachement, et devenu sultan d'Egypte, il se plut à augmenter par des achats le nombre de ses mameloucs turcs. Ils étaient amenés des pays de steppes, au nord de la Mer Caspienne et du Caucase, habités par des tribus turques que l'on confondait sous le nom général de Kiptchak. Il était alors moins facile de se procurer ces esclaves. Les marchands ne pouvaient les acquérir qu'en secret; ils devaient les exporter furtivement; mais lorsque la patrie de ces peuples nomades eut été envahie par les Mongols, les enfants des vaincus furent mis en vente, et l'on put en amener un grand nombre en Syrie et en Egypte. Le sultan Salih eut près de mille mameloucs turcs, qu'il caserna dans la forteresse de Raoudhat, située sur une île du Nil, en face du Caire, et qu'il appela Bahriyés ( i ). Les jeunes esclaves étaient exercés à tirer de l'arc, à manier la lance; on leur enseignait la religion mahométane, et leur éducation achevée, ils entraient

(i) Le nom de Bahr, en arabe, sert également a désigner la mer et les grands fleuves, tels que le Nil; ainsi Bahriyé peut signifier maritime et jluviatik.

dans la garde royale, exclusivement composée de ces mameloucs turcs. C'était par«mi leurs chefs que le sultan Salih choisissait les grands officiers de sa maison, et ses courtisans les plus intimes. Ils parvenaient aux premiers grades militaires, possédaient les plus beaux fiefs et jouissaient de gros revenus; car l'armée régulière d'Egypte, dont la force varia, depuis Saladin, entre dix et vingt-cinq mille cavaliers, recevait pour son entretien, soit des terres que le militaire faisait valoir, soit le produit des impositions d'un canton, qu'il percevait à son profit (i). Les Mameloucs Bahriyés venaient de signaler leur valeur contre les guerriers de St. Louis. Ils avaient sauvé l'Egypte à Manssoura et contribué essentiellement à la perte de l'armée française. Dans leur esprit de corps et leur ambition était leur force. Les chefs de cette milice se succédèrent sur le trône d'Egypte.

La Syrie appartenait au prince Nassir Salahud-din Youssouf, qui avait hérité en 12 36,

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à l'âge de six ans, la principauté d'Alep, de son père A'ziz, petit-fils de Saladin, et s'était emparé, en ia5o, après l'assassinat de Touranschah, de la principauté de Damas, qui obéissait au sultan d'Egypte. Maître alors de presque toute la Syrie, il entreprit de chasser du trône d'Egypte l'affranchi turc qui venait de l'usurper; mais il fut battu par Eïbeg, et i25i. peu après un ambassadeur du Khalife vint offrir sa médiation aux deux princes, qui firent la paix. Nassir céda au sultan d'Egypte Jérusalem, Gaza et la côte jusqu'à Napelous.

Eïbeg ayant fait assassiner Faris-ud-din i»53. Acttaï, l'un des principaux chefs de Mameloucs, qui lui faisait ombrage, les troupes de ce général, au nombre de sept cents cavaliers, et les officiers des Mameloucs Bahriyés, ses anciens camarades, prirent la fuite, entre autres Beïbars et Calavoun, qui occupèrent ensuite le trône. Ils sortirent du Caire pendant la nuit, passèrent en Syrie et obtinrent du prince Nassir la permission de se rendre à sa cour; ils en reçurent de l'argent, des robes d'honneur, des fiefs militaires. Ils le pressaient de marcher sur l'Egypte; mais Nassir se méfiait de ces chefs turbulents, contre lesquels d'ailleurs le sultan Eïbeg, dans ses lettres, lui inspirait des soupçons. Nassir profita ton

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