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lant de l’Islamisme, affaibli par tant de dévastations, faisaient naître dans le cour des Chrétiens l'espoir de dominer, à leur tour, leurs anciens maîtres. Du choix que ferait entre les deux religions le peuple païen qui les tenait également asservies , dépendait leur sort, et l'issue de la lutte qui s'éleva entre elles pour gagner les Mongols, fut quelque temps incertaine.

Les Chrétiens orientaux, ainsi que les Croisés, se réjouissaient de voir Houlagou prêt à fondre sur la Syrie; contemplant déjà la ruine de la puissance mahométane dans cette contrée, arrosée de tant de sang chrétien; se flattant de l'espoir qu'ils recueilleraient le fruit de l'expédition mongole. Nous jetterons un coup-d'oeil sur l'état de la Syrie et de l'Egypte à l'époque de cette invasion.

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Chûte de la dynastie eyoubite en Égypte. Élévation

au trône d'Eïbeg, chef de Mameloucs. Origine de la puissance des Mameloucs d'Égypte. Guerre entre Ežbeg et Nassir, prince de Syrie. Paix. Ambassade du prince de Syrie à Houlagou. Lettre de Houlagou au prince de Syrie. — Réponse. — Marche de Houlagou sur la Syrie. Soumission du prince de Mardin. — Conquête du nord de la Mésopotamie. Démêlés de Nassir avec le prince de Carac. Dissolution de l'armée de Nassir, campée à Berzé. Ambassade de Nassir au sultan d'Égypte Couttouz. Assassinat d'Eibeg.

Élévation au trône de son fils Manssour. Usurpation de Couttouz. Invasion de Houlagou en Syrie. — Siége d'Alep. — Prise et sac de cette ville. Soumission volontaire de Hamat. Retraite de Nassir vers la frontière d'Égypte. Soumission de Damas. Prise de la citadelle de Damas. Reddition de Harém et massacre de ses habitants. Retour de Houlagou en Perse. Ravages des Mongols dans la Syrie méridionale. Prise du Mélik Nassir. Sommation au sultan d'Égypte. Exécution à mort des ambassadeurs mongols. Préparatifs de guerre.

Marche de Couttouz en Syrie. Bataille d'Aïn-Djalout. - Évacuation de la Syrie par les Mon

gols.
Retraite de l'armée égyptienne.

Assassinat de Couttouz. Élévation au trône de Beïbars.

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La Syrie obéissait encore à un descendant de Salah-ud-din (Saladin); mais les arrièreneveux de ce guerrier venaient de perdre le trône d'Égypte. Le sultan Salih était mort à nov.

1 249. Manssoura, pendant que l'armée de St. Louis occupait Damiette. Son décès fut caché avec soin, jusqu'à l'arrivée de son fils, Moazzam Touranschah , qui était dans son apanage de Hissn-Keïfa, en Mésopotamie. L'armée française fut détruite et St. Louis fait prisonnier. avr.

1250. Trois semaines après ce triomphe, Touranschah tomba sous les coups des anciens chefs des Mameloucs de son père, qu'il voulait écarter, pour élever à leur place les jeunes courtisans qui l'avaient suivi de Mésopotamie.

Après cet attentat, les chefs militaires prêtèrent foi et hommage à une femme, à Schedjer-ud-durr, l'esclave et la concubine du sultan Salih, qui avait joui de toute sa confiance, et dirigé les affaires jusqu'à l'arrivée de Touranschah. Ils élurent généralissime de l'armée, avec le titre d'Atabey, un chef de mameloucs, du nom d'Eïbeg, que la reine épousa, au

bout de trois mois, se démettant de l'empire en sa faveur. Eïbeg prit, en montant sur le trône, le titre de Mo’izz, et s'associa, pendant quelque temps, un prince eyoubite, âgé de six ans, El Aschraf, arrière petit-fils du sultan Kamil.

La révolution qui mit sur le trône des Eyoubites un chef de mameloucs, fait voir combien cette milice était devenue puissante en Égypte. Saladin avait licencié l'armée des Khalifes Fathimites, composée d'esclaves nègres, d'Égyptiens et d'Arabes , et les avait remplacés par des Curdes et des Turcs; son armée d'Égypte était forte de douze mille cavaliers. Ce prince et ses successeurs aimaient à acheter de jeunes esclaves turcs, qu'ils faisaient élever pour le service militaire; mais ce fut Salih, sixième successeur de Saladin, qui donna aux mameloucs (1) turcs la prééminence sur les autres troupes. Avant de parvenir au trône, ce prince avait éprouvé la fidélité des esclaves de cette nation qui faisaient partie de sa maison militaire. A une époque critique ils n'avaient pas suivi l'exem

(1) Mameloué signifie, en arabe, qui est en puissance de patron.

ple de ses troupes curdes, qui l'abandonnèrent. Salih sut apprécier leur attachement, et devenu sultan d'Égypte, il se plut à augmenter par

des achats le nombre de ses mameloucs turcs. Ils étaient amenés des

pays

de steppes, au nord de la Mer Caspienne et du Caucase, habités

par

des tribus turques que l'on confondait sous le nom général de Kiptchak. Il était alors moins facile de se procurer ces esclaves. Les marchands ne pouvaient les acquérir qu'en secret; ils devaient les exporter furtivement; mais lorsque la patrie de ces peuples nomades eut été envahie par les Mongols, les enfants des vaincus furent mis en vente, et l'on put en amener un grand nombre en Syrie et en Égypte. Le sultan Salih eut près de mille mameloucs turcs, qu'il caserna dans la forteresse de Raoudhat, située sur une île du Nil, en face du Caire, et qu'il appela Bahriyés (1). Les jeunes esclaves étaient exercés à tirer de l'arc, à manier la lance; on leur enseignait la religion mahométane, et leur éducation achevée, ils entraient

(1) Le nom de Bahr, en arabe, sert également a désigner la mer et les grands fleuves, tels que le Nil; ainsi Bahriyé peut signifier maritime et fluviatile.

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