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ce le sultan Mohammed, marchant sur Bagdad, « fut mis en déroute, et mourut dans sa re« traite; enfin, Mohammed Rhorazmschah, « dans son expédition contre Bagdad, fut as« sailli d'un ouragan qui fit périr une partie « de son armée, et se vit contraint par le « courroux céleste de renoncer à ses funestes « projets. Seigneur, dirent les ambassadeurs « en terminant, craignez un sort semblable, « si vous formez le même dessein. »

Houlagou les congédia sans faire grande attention à leur discours. Il augmentait son armée pour entreprendre le siége d'une cité pourvue d'un grand nombre de défenseurs. Il voulut d'abord se rendre maître du pays montagneux qui sépare les deux Iracs. La grande route de Hémédan à Bagdad traverse des monts élevés, dont les sommets sont presque toujours couverts de neige; dans ces montagnes était située la forteresse de Dertenk, qui dominait un défilé sur cette route, et gardait la frontière de l'Irac Aréb (i). Houlagou savait que Hossam-ud-din A'ké, commandant de Dertenk, avait à se plaindre du Khalife. Il l'invita à venir le trouver, et le com

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bla de marques de faveur; en le congédiant, il l'engagea à s'emparer des autres châteaux qui dominaient la contrée. A'ké le fit; mais se repentant presque aussitôt de sa trahison, il pria un Alévi, du nom d'Ibn Solayé, qui commandait à Erbil, de lui faire obtenir sa grâce. Il lui mandait que, séduit un moment, il avait trop bien jugé les intentions de Houlagou, pour continuer à le servir; que si le Khalife voulait lui rendre sa confiance et lui envoyer un corps de cavalerie, il rassemblerait de son côté, une armée de cent mille fantassins, curdes et turcmans, avec laquelle il pourrait empêcher les Mongols d'avancer sur Bagdad. Ibn Solayé transmit sur le champ ces propositions au vézir; mais le Khalife les refusa.

Houlagou promptement instruit de ces circonstances, détacha le noyan Kitou-boca avec un corps de cavalerie, pour s'assurer de la personne du commandant de Dertenk. En approchant de cette forteresse, le général mongol lui manda que sur le point de marcher à Bagdad on avait besoin de ses conseils. A'ké eut l'imprudence de se rendre au camp de Kitou-boca, qui le fit arrêter, et lui dit: « Si tu veux conserver la vie et le cominan« dément de ces forts, il faut que tu en fasses

« sortir tous ceux qui les habitent, ainsi que « les gens qui t'appartiennent, afin qu'on « puisse connaître leur nombre, et fixer la « capitation. » A'ké obéit. Alors Kitou-boca lui dit: « Si tu es fidèle au maître, tu feras « démolir tous ces forts. » A cet ordre, Hossam-ud-din s'aperçut qu'il était découvert; néanmoins il obéit encore; puis il fut tué, avec les gens de sa maison et ses troupes. Son fils, Émir Sa'd, qui craignant, à juste titre, la perfidie des Mongols, n'avait pas voulu se livrer en leurs mains, erra quelque temps dans les montagnes, et finit par se jeter dans Bagdad, où il fut tué.

Cependant Houlagou tenait conseil sur l'expédition qu'il méditait. Il demanda à l'astrologue Hossam-ud-din, que l'empereur, son frère, lui avait donné pour fixer dans ses marches le moment propice du départ et du campement, de lui dire, sans détour, ce qu'il voyait dans les astres. L'astrologue, confiant dans la familiarité dont il jouissait, répondit hardiment que les astres ne lui seraient pas propices, s'il attaquait la maison Abbasside, tous ceux qui avaient marché sur Bagdad ayant perdu le trône et la vie, « et « si le prince, dit-il, sans ajouter foi à mes « paroles, veut exécuter son dessein, je lui « prédis six calamités. D'abord tous ses che« vaux périront et les maladies se mettront « dans son armée; 20. le soleil ne se lévera « pas; 3°. il ne pleuvra plus; 4°- Ie vent « Sarsar et les tremblements de terre boule« verseront le globe; 5°. la terre sera frappée « de stérilité, et 6°. l'empereur mourra dans « la même année. » A la demande de Houlagou, l'astronome lui donna cette déclaration par écrit (i), consentant à être puni de mort si ce qu'il avait prédit n'arrivait pas dans un certain espace de temps. En effet, ce terme expiré, Hossam-ud-din fut mis à mort dans la nuit du jeudi, 8 de moharrem 661 [23 novembre i262] (2).

Les Bakschis ou docteurs boudhistes et les généraux mongols pressaient au contraire Houlagou de marcher sur Bagdad. Ce prince manda Nassir-ud-din, et voulut savoir ce qu'il pensait du résultat de cette entreprise. // n'arrivera rien de toutes ces prophéties, dit l'astrologue. — Eh bien, quarrivera-t-il? lui demanda le prince mongol.— Que Houlagou prendra la place du Khalife, répondit le sec

(1) Raschid.

(2) Habib-us-Siycr, tom. III.

tateur d'Ali. Le prince manda Hossam-ud-din et voulut que les deux astrologues débattissent la question en sa présence. Nassir-ud-din terrassa son adversaire, en lui citant tous les Khalifes qui avaient péri par les mains des Musulmans, sans que le monde en eut été bouleversé.

Houlagou, décidé à marcher sur Bagdad, expédia ses ordres aux différents corps de son armée. En conséquence, Baïdjou partit du Roum, où il venait de soumettre à l'autorité du sultan Rokn-ud-din les places qui, après le partage du royaume, tenaient encore pour le sultan Yzz-ud-din, son frère. Dans sa marche il saccagea la ville d'Aboulistin, dont il fit égorger les habitants, au nombre de sept mille, et emmena en captivité les garçons et sept, les filles. A son approche de Malattiya, le commandant de cette ville pour le sultan Yzzud-din prit la fuite. Baïdjou força les habitants de prêter le serment de fidélité à Roknud-din; il emporta de cette ville une grosse somme de dinars, et y laissa un commandant pour Rokn-ud-din (t). Ayant passé le Tigre à Moussoul, il arriva, au terme qui lui avait

(i) Bar Hebrseus, texte, pag. 5a3.

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