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sonne auprès du Caan; mais que son fils irait à sa place. En effet, il fit partir Rokn-ud-din Khodja. Ce jeune prince apprit en route, la mort de son père et l'usurpation du trône par son cousin Coutb-ud-din. Continuant son voyage, il fut bien accueilli d'Ogotaï, qui, pour le recompenser de ce qu'il était venu de si loin contempler la face de l'empereur, l'investit de la principauté de Kerman, et lui conféra le titre de Coutloug Sultan, que portait son père. En même temps Coutb-ud-din reçut l'ordre de venir à la cour. Il obéit; au bout de quelque temps Ogotaï l'envoya servir en Chine, sous les ordres de Yelvadje. Après la mort d'Ogotaï, Coutb-ud-din se rendit à la diète où Couyouc fut élu empereur. Il s'efforça d'obtenir l'investiture du Kerman; mais il ne put réussir; le ministre Tchincaï protégeait Rokn-ud-din. Il reçut l'ordre de s'en retourner en Chine auprès de Yelvadje. Peu après il accompagna ce gouverneur au nouveau Couriltaï, convoqué pour donner un successeur à Couyouc, et il obtint de l'empereur Mangou, par la protection de Yelvadje, le trône du Kerman. Lorsqu'il approcha de 65o. ce pays, Rokn-ud-din se retira, avec ses tréiî5a-3. sors, dans la principauté de Lour, d'où il fit demander un asyle au Kaliphe; mais n'ayant pu l'obtenir par la raison que ce pontife craignait de mécontenter les Mongols, il prit le parti de se rendre à la cour de Mangou. Les deux compétiteurs furent alors cités au tribunal du grand Khan. Rokn-ud-din perdit sa cause et fut livré à son rival, qui le tua de sa propre main. Coutb-ud-din conserva le trône du Kerman, jusqu'à sa mort, en 1258. Il était fils de Tanigou, préfet de Taraz, pour le souverain du Cara Khitaï et frère de Borac Hadjib (i). Lorsque Houlagou conduisit son armée en Perse, Coutb-ud-din alla à sa rencontre jusqu'à Djend pour lui rendre hommage.

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t&> ur> un un un un un un un un un un un un un un un un un un CHAPITRE IV.

HOULAGOU.

Expédition en Perse, résolue dans un Couriltaï au commencement du règne de Mangou. — Préparatifs du prince Houlagou, chargé de la commander. — Composition de son armée. — Sa marche à travers la Tartarie. — Son arrivée en Perse. — Ses dispositions pour détruire les Ismaïliyens. — Croyance religieuse de cette secte mahométane. — Sa doctrine secrète communiquée aux initiés. — Précis de l'histoire des princes ismaïliyens d'Alamout. — L'assassinat organisé par Hassan Sabbah , et fréquemment employé par ses successeurs. — Démêlés du sultan Djelal-ud-din Khorazmschah avec le chef ismaïliyen. — Opérations et négociations de Houlagou pour se rendre maître des châteaux Ismaïliyens et de la personne de leur prince Rokn-ud-din Khourschah. — Siége de Schah-diz, sa résidence. — Reddition de Rokn-ud-din. — Ses places fortes livrées par ses ordres à Houlagou. — Conduit à la cour de Mangou, qui le fait tuer en route. — Massacre de presque toutes les populations ismaïliyennes par l'ordre de Houlagou.

Deux grandes expéditions avaient été résolues dans le Couriltaï où Mangou fut proclamé

empereur; l'une en Chine, l'autre en Perse. La première devait être commandée par le prince Coubilaï; la seconde, par le prince Houlagou, tous deux frères du nouveau monarque.

Pour composer l'armée de Houlagou, chacun des princes du sang qui avait reçu de Tchinguiz des troupes en partage, était tenu, d'après l'arrêté de la diète, de lui donner deux hommes par dixaine. Ces contingents étaient commandés par des proches parents de ceux qui les avaient fournis. On fit venir de la Chine un corps de mille ingénieurs pour le service des machines à lancer des pierres, du naphte et des traits. Des officiers expédiés en avant portèrent l'ordre de réserver, pour l'armée de Houlagou, toutes les prairies sur sa route, à l'ouest des monts Toungat situés entre Caracouroum et Bisch Balic. Les troupes cantonnées sur cette ligne devaient s'en éloigner. On répara les chemins; des ponts de bateaux furent préparés. Le corps d'armée de Baïdjou reçut l'ordre de reculer vers la frontière de Roum, et les intendants en Perse tinrent prêts, pour chaque soldat, un tougan, ou cent menns de farine, et une outre, ou cinquante menns de vin. Le noyan Kitouboca, né naïman, partit avec l'avantpartie, forte de douze mille hommes, à la

ujom. i.

C5o. tin de juillet de l'année ia52.

Lorsque Houlagou prit congé de l'empereur, Mangou lui recommanda de suivre, en toutes choses, l'exemple et les préceptes de leur illustre aïeul, de traiter avec douceur les peuples qui se soumettraient volontairement, d'exterminer ceux qui résisteraient. Il lui ordonna de commencer par détruire les Ismaïliyens. Un jour, ce prince avait été frappé, de voir le grand cadhi Schems-ud-din, de Cazvin, se présenter devant lui avec une cotte de mailles. Il lui en demanda la raison; le magistrat répondit qu'il portait toujours sous ses habits une pareille armure pour se garantir des poignards ismaïliyens, et s'étendit, à cette occasion, sur les attentats de ces intrépides sectaires, de manière à faire une vive impression sur l'esprit de Mangou (i). En effet, Cazvin, le lieu natal du cadhi, n'était séparé du territoire des Ismaïliyens, que par une chaîne de montagnes dont le revers septentrional leur appartenait (2). Les habitants de cette ville, sans cesse exposés à leurs attaques,

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