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II n'y arriva qu'après l'inauguration de Mangou. Il se plaignit à ce souverain des assignations données par les princes du sang sur les revenus de la Perse, au détriment du fisc, et de l'envoi, pour cet objet, d'une foule de commissaires, qui se faisant défrayer par les habitants, achevaient la ruine du pays. L'empereur ordonna que les intendants de la Perse exposassent, chacun dans un mémoire separé, les maux qui affligeaient leur province, et les moyens d'y remédier. Ils furent tous d'avis, comme il a été dit plus haut, que la misère des peuples provenait des impôts excessifs dont ils étaient accablés, et qu'il fallait introduire en Perse le mode d'imposition que Mahmoud Yelvadje avait établi dans la Transoxiane, c'est-à-dire, une capitation proportionnelle aux facultés des contribuables, et moyennant laquelle ils seraient exempts de toutes autres taxes. Cette proposition ayant été approuvée, on arrêta que les moins imposés paieraient un dinar, et les plus imposés, dix dinars par tête. Il fut ordonné que le produit de cette capitation serait affecté à l'entretien des milices, des postes aux chevaux et des envoyés de l'empereur, et que, sous aucun prétexte, on n'exigerait rien de plus des sujets. Argoun conserva son gouvernement gênérai, et reçut une nouvelle plaque à tête de lion. L'empereur lui donna pour ministre des finances Behaï-ud-din, de Djouvéïn. Un second intendant des finances, nommé Sarradj-uddin, fut placé auprès de lui par le prince Nikbey, qui règnait sur les États de Tchagataï. L'empereur lui adjoignit deux commisaires et chacun des princes, ses frères, Coubila, Houlagou, Arig-Boca et Moga, eut auprès de lui son agent. La Perse fut divisée en quatre gouvernements; ceux qui les obtinrent reçurent avec le titre de Mélik, des plaques à tête de lion. Les autres employés furent munis de plaques d'or ou d'argent, suivant leur rang. En les congédiant l'empereur leur donna à tous des robes d'étoffes chinoises. De retour en Perse, Argoun fit un nouveau dénombrement, et régla les impositions de la manière prescrite (i).

Hindoudjac, général mongol, chef de touman ou de dix mille, qui avait fait mourir injustement le Mélik de Coum, fut exécuté, hors de la porte de Thouss, par l'ordre exprès de l'empereur Mangou, et ses propriétés, les individus de sa famille, ses esclaves turent

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partagés, comme dévolus au fisc, entre les quatre branches de la famille impériale. Son père Mélikschah, de la tribu sounite, auquel il succéda, avait été envoyé en Perse avec un touman, composé d'Ouïgours, de Carloucs, de Turcmans, de Caschgariens et de Coutchayens (i). Après avoir réglé l'administration de la Perse, Argoun retourna à la cour, par l'ordre de l'empereur, accompagné de Nedjm-ud-din Kilabadi (2).

La partie orientale de la Perse avait été donnée en fief, par l'empereur Mangou, au Mélik Schems-ud-din Mohammed Kurt, seigneur du château de Khissar, en Khorassan. Son grand-père Osman Mergani avait été nommé gouverneur du château et du territoire de Khissar, par son frère Omar Mergani, vézir tout puissant du sultan Ghiath-ud-din, de la dynastie des Gours. Après la mort d'Osman, son fils Abou-Bekir lui succéda dans sa préfecture. Il épousa une fille du sultan Ghiathud-din. De cette union naquit le Mélik Schemsud-din Mohammed, qui, ayant perdu son père

(1) Raschid, article des Sounites. — Le pays de Coutché est à l'est de celui de Caschgar. [1) Djouvéini. — Raschid.

en 1245, hérita du pays de Gour. Il se rendit en Tartarie, lors de l'élection de Mangou, et arriva à la cour le jour même de son inauguration. Il fut présenté à ce monarque par des officiers de Mangou, qui ne lui laissèrent pas ignorer que le père et l'aïeul de Schemsud-din avaient été bien traités par les souverains ses précédesseurs, et lui firent un grand éloge des talens de ce prince. Mangou l'accueillit avec distinction, et lui donna l'investiture du pays de Hérat et de ses dépendances, qui s'étendaient jusqu'au Djihoun et jusqu'au Sind. Ce territoire embrassait les provinces de Merv, Gour, Sidjistan, Caboul, Afghanistan. En outre, Mangou voulut qu'Argoun Aca fit remettre aux intendants de Schems-ud-din la somme de cinquante toumans , à titre de présent impérial. Le lendemain, dans une audience privée, le Khacan mongol fit revêtir le Mélik de l'une de ses propres robes, lui donna trois tablettes (païzé), dix mille dinars en espèces, et des armes, savoir: un sabre indien,une lanced'Alkhatt (1),

(1) « Alkhatt est le nom d'un lieu du Yémama ou de « la côte de Bahréin, où se travaillent et se -vendent « les bois de lance qu'on tire de l'Inde: » — Christom. arabe de Mr. S. de Sacy, tom. II, pag. 79, note 12.

une massue à tête de taureau, une hache d'armes et un poignard. Schems-ud-din partit pour Hérat, accompagné d'un officier de l'empereur. Il se détourna de sa route pour aller saluer Argoun Aca, auquel il présenta les ordonnances du Caan. Ce gouverneur le traita avec respect et fit remettre cinquante toumans à ses intendants. Schems-ud-din prit possession de Hérat; il y règna en souverain , et s'empara de plusieurs châteaux forts dans les provinces de Guermsir et d'Afghanistan (i).

Le Kerman était au pouvoir du fils de Borac Hadjib. Après avoir fait périr le sultan Ghiath-ud-din, Borac sollicita du Khaliphe le titre de sultan, et l'obtint; il se nomma Coût' long Sultan. Lorsque Taïr Bahadour, à la tête d'une division mongole, eut mis le siége devant Sistan, il envoya sommer Borac de prêter obéissance au grand Khan et de lui fournir des troupes. Borac lui répondit qu'il se faisait fort de prendre la place avec ses troupes seules; que les Mongols pouvaient s'en épargner la peine. Il ajouta que son grand âge l'empêchait de se rendre en per

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