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fidèles observateurs de la morale contenue dans leurs livres. « Si « vous voulez être saints, y est-il dit, instruisez vos enfants; car « leurs bonnes actions vous seront attribuées. » Xénophon nous rend compte en effet du soin qu'ils prenaient de la jeunesse. Les enfants, les jeunes gens, les adultes et les vieillards ayant accompli leur temps de service militaire, se réunissaient par classes distinctes dans un grand espace. Les enfants et les adultes s'y rendaient dès l'aurore; les vieillards, quand ils avaient le temps ; les jeunes gens y couchaient, revêtus de leurs armes, quand toutefois ils n'étaient pas mariés. Chaque bande avait douze chefs pour diriger les exercices. Là les enfants apprenaient la justice en prononçant sur des cas pratiques (1) : institution excellente que n'ont

comme un aumônier du Tout-Puissant, qui se sert de son ministère pour distribuer aux pauvres le tribut payé par les riches.

4° Pour montrer qu'il accomplit exactement ce devoir, qu'il évite tout faste, et qu'à la fm de l'année il distribue tout ce qui lui reste d'argent; car son revenu ne peut manquer de lui être payé.

5° Qu'il habite près du temple et donne le bon exemple en restant habituellement dans sa maison, et en consacrant son temps à la prière.

6° Qu'il observe en public et en particulier les lois de la frugalité et de la tempérance.

7° Qu'il soit versé dans la connaissance de la loi et dans toutes les sciences, parce qu'il est appelé à instruire tous ceux de sa religion, laïques et ecclésiastiques.

8° Qu'il soit sobre, parce que l'excès de la nourriture et des liqueurs nuit aux facultés de l'âme et trouble la sérénité, qui jamais ne doit manquer à un serviteur de Dieu.

9° Qu'il ne craigne que Dieu, ne haïsse que le péché.

10° Comme chef de la religion, qu'il reprenne les pécheurs sans égard au rang; et les grands l'écouteront avec soumission quand il parlera, non pour sa cause, mais pour celle de Dieu.

11° Qu'il vise surtout à séparer la vérité de l'erreur.

12« Bien que, par son poste éminent, il puisse être honoré de quelque vision et révélation de Dieu, il ne doit pas toutefois la divulguer, parce qu'il ne ferait qu'embarrasser le peuple qui s'en doit tenir à la loi écrite.

13° Qu'il ait soin que le feu sacré ne s'éteigne pas jusqu'à ce que le monde soit consumé par ce élément. ( Lord, Relation of the Pers., p. 36. — Hyde, Relat. vet. Pars,c. 13.)

Lebrun nous donne à peu près la même idée des Guèbres : dans une conversation qu'il eut, dit-il, en janvier 1707, avec un de leurs prêtres, celui-ci lui répondit que « Dieu est l'Être des êtres, esprit de lumière, élevé au-dessus de toute conception humaine, infini, présent partout, tout-puissant, à qui rien n'est caché, et contre la volonté duquel rien ne saurait arriver. »

(1) Voici l'un de ces cas, tel que Xénophon le fait exposer par Cyrus:

« Un enfant de haute taille, qui avait une petite tunique, dépouilla de la sienne un autre enfant de petite taille qui en avait une grande, lui mit sur le dos celle qu'il portait et se revêtit de l'autre. Étant appelé à juger du fait, je décidai qu'il valait mieux pour tous deux que chacun gardât la tunique qui lui allait bien. Le point imitée les nations plus éclairées, chez lesquelles on n'exerce le premier âge qu'à lire et à tracer des lettres. C'est devant ce tribunal que l'on portait les accusations de larcins, de violences, de fraudes, commis d'ordinaire par les enfants; et les chefs faisaient attention à ce que l'on condamnât non-seulement les coupables et les calomniateurs , mais encore les ingrats dont le crime est de dégoûter les autres de faire le bien. Les enfants étaient en outre formés à l'obéissance, à la tempérance, et habitués au maniement des armes.

« Lorsqu'ils ont atteint leur seizième année, continue Xénophon, ils passent parmi les jeunes gens jusqu'à vingt-six, couchant la nuit en plein air, exécutant durant la journée ce que les magistrats commandent pour le service public, ou accompagnant le roi dans ses chasses fréquentes. Ils se nourrissent de pain, de cresson et d'eau, sans autres friandises que le gibier qu'ils tuent euxmêmes; ils s'exercent souvent à faire assaut d'adresse dans les armes. A vingt-cinq ans révolus ils sont hommes, et prêts à obéir, soit en guerre , soit en paix, au moindre signe des magistrats. On choisit parmi eux les employés et les instituteurs de la jeunesse. A cinquante ans ils entrent dans la catégorie des vieux, qui, exempts du service militaire, jugent les affaires publiques et privées , et connaissent même des délits capitaux. Si un jeune homme est accusé par les surintendants d'avoir manqué aux lois établies, il est cassé par les vieillards et demeure atteint d'infamie.

« Cette éducation seule conduit aux honneurs. Les élèves vivent , du reste, dans une tempérance qui va jusqu'à l'abstinence; leur propreté est poussée à un tel point qu'ils ne crachent ne se mouchent et ne satisfont aucun besoin corporel qu'en prenant le plus grand soin pour n'être pas vus. »

Voilà ce que raconte Xénophon, dont l'imagination bienveillante à leuï égard ne vit peut-être que le côté favorable des choses, ou qui voulut instruire ses concitoyens par le contraste qu'il mettait sous leurs yeux. Il ne faut, dans tous les cas, entendre ce

maître me fustigea pour cette sentence, et me disait qu'elle pourrait contenir si j'avais eu à prononcer sur ce qui leur seyait le mieux ; mais qu'ayant à juger à qui des deux appartenait la tunique, il fallait examiner lequel des deux la possédait justement, de celui qui s'en était emparé par violence, ou de celui qui se l'était procurée, soit en la faisant, soit en l'achetant. 11 ajouta ensuite que ce qui se pratiquait selon les lois était juste, maisquece qui était contraireaux lois était contraire à la justice. Il voulait, en conséquence, que le juge prononçât toujours conformément aux lois. De celte manière je parvins à connaître exactement t«nt ce qui est juste. »

qu'il rapporte que de la tribu des Pasargades, noblesse du pays qui entourait le trône et était le nerf de l'armée.

Les Perses étaient divisés en quatre classes : prêtres, guerriers, agriculteurs et artisans; mais rien n'indique que ces classes fussent héréditaires. Ils avaient horreur des arts qui pouvaient souiller ou éteindre le feu, et ils n'aimaient pas en général le travail des mains. On vante leur amour de la vérité, qui leur faisait même regarder comme honteux de vivre d'emprunts, parce que cela donne occasion aux mensonges. Ils prenaient pour texte de leurs entretiens à table des sujets importants (l).

Les Perses montagnards, dont les débris subsistent encore dans la tribu des Gaures, étaient généralement laids (2); mais, comme le pays était ouvert aux irruptions et entouré de peuples d'une très-belle race, le mélange produisit une nation qui réunit la vigueur et la beauté. La religion bénissait les pères de beaucoup d'enfants, et le roi les récompensait. On disait que les enfants étaient autant de degrés vers le ciel : plus on en a, plus le passage sur le pont Chinevad est facile. Que celui qui n'a point d'enfants en adopte, ou qu'il marie les enfants des autres, ou qu'il aide aux mariages en fournissant des dots. Si la femme désobéit trois fois, le mari peut la tuer; la répudier, si elle est de mauvaise vie ou mécréante.

Les Perses, en se mêlant avec les Mèdes, perdirent beaucoup sous le rapport des mœurs. Le luxe augmenta parmi eux après Cyrus,et leurs bonnes qualités s'altérèrent : ils devinrent mous, efféminés, s'adonnèrent au vin, à la bonne chère, et recherchèrent les couches moelleuses, les abris contre le soleil, les fourrures contre le froid, et la riche vaisselle. Nous trouvons chez leurs princes la polygamie, le concubinage, le mariage avec leurs propres sœurs, avec leurs filles, avec leurs mères. Artaxerxès Mnémon, voulant épouser sa fille, demanda à sa mère ce qu'elle en pensait; elle lui répondit : Dieu t'a donné aux Perses comme loi unique, comme règle du bien et du mal, du vice et de la vertu (3).

(1) Platon, Sympos., liv. II.— Xénophon, liv. II, ch. H. — Voir les mœurs des Perses, décrites par Hérodote, I, 71.

(2) On peut voir les Perses dessinés dans le voyage de Lebrdn, t. I, c. xui.

(3) Plutarqoe. L'histoire de l'évêque Eusèbe déciderait la question, si l'ordre suivant qu'il rapporte était authentique : « Qu'on abolisse les rites du mariage selon les chrétiens; qu'au lieu d'une femme, tous en aient plusieurs, afin que la nation arménienne se'multiplie facilement; que les filles soient avec leurs pères, leurs sœurs avec leurs frères; que les mères ne s'abstiennent pas de leurs fils , et que les petits-fils entrent dans le lit des aïeuls. « Ce qui suit jette une

Les litières, les parasols, les étriers et autres objets de luxe ou de commodité, nous sont venus des Perses, qui aujourd'hui encore, comme au temps de Darius, se teignent les sourcils et la barbe, mangent au son des instruments et au chant des bayadères (1). Ils aiment les fleurs, les jardins, et parent leurs concubines de bijoux d'une haute valeur. Leurs châtiments sont atroces, et les mutilations horribles. Ils prodiguent les titres les plus fastueux aux rois, dont les courtisans s'honorent de s'appeler les chiens, comme anciennement ils se traînaient, à la manière des chiens, autour de la table pour manger les restes (2 ) que leur jetait le frère du soleil et de la lune ; en général, ils pratiquent encore leur proverbe d'autrefois: Baise la main que tu ne peux couper.

La contradiction qui règne entre les livres grecs et ceux des Perses ne nous permet pas de déterminer dans quelle mesure la constitution tracée dans le Zend-Avesta pouvait s'appliquer à l'état réel du pays. Il est peut-être nécessaire, pour les concilier, de supposer deux constitutions parallèles, une politique à la manière des Orientaux, et empruntée aux anciens royaumes de la Bactriane, de l'Assyrie et de la Médie, où le pouvoir était entièrement monarchique; une autre, rivale et toute religieuse, fondée par Zoroastre pour les Masdeinan ou fils d'Ormuzd, Église et société mystiques, où tout dépendait du mogbed ou archimage. Cette race, en effet, nous apparaît comme un peuple nomade et guerrier, qui envahit des pays civilisés, où il s'amollit et se corrompt; chez lequel l'omnipotence du roi ne trouve de frein que dans le code religieux, qui ne parle pas au peuple de ses droits, mais au roi de ses devoirs. La religion exerce une grande influence, non-seulement sur l'essence, mais encore sur l'organisation de la Porte persique : de même que sept esprits environnent le trône de l'Éternel , ainsi sept princes entourent celui du roi; de même que les génies du ciel surveillent les routes, les villes et les bourgs, ainsi fera l'empire terrestre.

vive lumière sur d'autres coutumes : « Que les animaux destinés à la nourriture ne meurent pas sans être immolés; qu'on ne pétrisse pas la farine sans avoir le bandeau au nez; qu'on ne jette pas au feu la litière et la bouse du boeuf; qu'on ne se lave pas les mains sans savon ; qu'on ne fasse pas mourir les castors, les renards, les lièvres; qu'on ne souffre pas les serpents, les lézards, les grenouilles, les fourmis, ou semblables petites bêtes, mais qu'on les apporte aussitôt après les avoir comptés selon la mesure royale. » ( Ch. II. )

(1) Les Grecs les appellent liovaup-yoî, et les Persans modernes raccas ou alimeh, c'est-à-dire savantes.

(2) Posido.mus dans Athénée, XIV.

Les premiers successeurs de Cyrus avaient conservé la forme temporaire du gouvernement qu'il avait établi, quoiqu'il eût donné au pays une capitale dans la ville de Pasargade. Si Darius affaiblit l'empire par ses conquêtes au dehors, il lui donna à l'intérieur la solidité que procure seule une bonne organisation.

En Perse, comme chez les autres peuples de l'Asie, le prince était le maître absolu de la vie et des biens de ses sujets. Deux courtisans, ayant laissé sortir leurs mains de leurs manches en présence de Cyrus, il les fit mettre à mort : c'est ce que raconte son panégyriste. Quiconque se présentait devant Assuérus sans avoir été appelé était tué sur l'heure, comme nous lisons dans la Bible. On rapporte que Xerxès proposa une récompense à qui inventerait un nouveau plaisir. Élevés dans la mollesse du sérail, habitués à l'obéissance la plus absolue et la plus aveugle, il n'est pas étonnant que les princes se fissent eux-mêmes le centre de toute loi, et ne songeassent qu'à satisfaire toutes leurs fantaisies. Platon nous apprend pourtant que les fils des rois étaient confiés, à l'âge de sept ans, à des eunuques et à des officiers chargés d'exercer leur corps à la vigueur et à l'agilité, leur âme à la vertu. A quatorze ans, quatre docteurs devaient leur enseigner, l'un, la magie, c'est-à-dire la religion et la science du gouvernement; l'autre, à dire la vérité et à administrer la justice ; le troisième, à modérer leurs passions; le dernier, à se montrer intrépides dans les dangers. Les rois eux-mêmes entendaient chaque matin, à leur réveil, la voix d'un prêtre qui leur disait : Seigneur, lèvetoi, et pense à quelle fin Ormuzd t'a placé sur le trône!)

Les monarques perses conservèrent des traces de leur ancienne vie nomade, même après que Darius eut réglé l'étiquette de leur cour; car d'immenses jardins, où ils pouvaient passer une armée en revue, entouraient leurs palais, et, selon les saisons, ils allaient résider tantôt à Babylone, tantôt à Suze, tantôt à Ecbatane, où ils se transportaient avec autant de monde que pour une expédition. Leur cour était composée surtout de Pasargades, et la chasse formait leur principal divertissement. Des pourvoyeurs étaient chargés de tirer de chaque province les produits les plus estimés pour le service des tables royales, sur lesquelles ne paraissaient que des mets exquis : froment d'Éolie; eau du Choaspe, apportée dans des vases d'argent; sel du temple de Jupiter Ammon, en Afrique; vin de Chalybon, en Syrie. Un cérémonial vère réglait la table royale, où le monarque mangeait seul. 11 ne se montrait jamais ou rarement, et il était très-difficile de l'approcher : les princes l'entouraient, de nombreuses sentinelles se te

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