Imatges de pÓgina
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which was exacted by the urgency of the circumstances to which we have alluded. We must give a specimen of M. Dupin's declamation on this subject, and for this purpose we select the passage in which he discusses the motive which may be supposed to bave dictated proceedings so uniformly inbuman.

« Comment donc un peuple humain, généreux, magnanime à tant d'égards, peut-il, envers des ennemis vaincus et sans défense, dépouiller, ainsi, tout sentiment de clémence et de commisération Les apologistes du gouvernement anglais prétendent que la reclusion des prisonniers de guerre, alors qu'ils s'élevaient au nombre de 70,000, était une mesure de prudence, commandée par le besoin de conserver aux trois royaumes la paix intérieure et la sécurité. Est-il bien vrai que 70,000 captifs, dispersés au milieu de douze millions d'habitans, y répandraient de justes alarmes, et mettraient en danger la sûreté de l'état ? Ces captifs répartis par faibles détachemens, sur toute la surface de la Grande-Bretagne, surveillés par les garnisons régulières, les dépôts de l'armée, les milices, les juges-de-paix, les constables (Et surtout par l'habitant, si soupçonneux envers le prisonnier !), ces captifs, je le demande encore, pourraient-ils inspirer de sérieuses alarmes ? Cependant, admettons ce motif pour les époques d'assez courte durée, od 70,000 guerriers étaient en effet prisonniers de la Grande-Bretagne. Mais, en 1793 et 1794, mais en 1803 et 1804, lorsque le nombre des prisonniers ne s'élevait pas à quinze ou vingt mille hommes ; n'en étaient-ils pas moins enfermés sur les pontons et dans les châteaux-prisons ? Qu'on cesse donc d'alléguer l'ignoble motif de la peur : la haine réclame sa parte.

« Il fallait exciter, dans le cœur du peuple anglais, des sentimens, implacables d'aversion, d'horreur même, contre ses ennemis, et surtout contre les Français. Il fallait donc qu'il ne pat jamais ni les voir, ni converser, ni séjourner avec eux. Car il eût peutêtre reconnu que ce sont aussi des hommes sensibles au bienfait, amis de l'humanité, amis de leur patrie, amis de la liberté des autres peuples. Des citoyens d'un pays, mis en contact avec les citoyens d'un autre pays, découvriraient souvent que la guerre la plus acharnée n'est qu'un forfait de leurs gouvernemens respectifs : ils déposeraient à l'instant toutes leurs inimitiés, et reconnaîtraient leurs vrais intérêts : or, c'est un danger que certains gouvernemens ont surtout été jaloux d'éviter, pendant le cours des dernières guerres.Tom. I. p. 174.

With the facts of the case we shall not attempt to meddle. It would not be difficult to point out much inconsistency in M. Dupin's own statement; but any discussion of this part of the subject is rendered unnecessary, after the able and apparently almost official manner in which M. Dupin's

Ff VOL. XVII. APRIL, 1822.

charges have been met in a late number of the Quarterly Review. The article we allude to, leaves nothing to be desired on the score of ability and information; though the reviewer may, perhaps, be said to have indulged in a tone of severity and harshness, which was hardly called for by the occasion. M. Dupin is not a writer calculated to awaken such a spirit in the correction of the errors into which he may have fallen: a character of the most unfeigned liberality towards this country, pervades his whole work; and if lie has, upon this point, shown himself to have participated in what every one, who has been in France, must know, to be the universal persuasion of his countrymen, a fault so venial might liave been pointed out and corrected, without departing from that tone of respect and capdour, to wbich the uniform courtesy of his own demeanour so distinctly entitles him.

The sixth book is entitled, “Du Pied de Guerre, et du Pied de Paix," and is by much the most interesting of the first volume. We shall indulge ourselves with an extract or two from that part of the first chapter in which our author is considering the progress of our maritime ascendancy.

« Depuis trois siècles, que ces grands changements ont commencé de s'opérer, la force navale britannique, sujette à mille fluctuations, au mileu des guerres extérieures et des guerres civiles, s'est vue tour à tour abattue et relevée par des alternatives de bonne et de mauvaise administration, jusqu'à l'heureuse révolution de 1688. Mais, à dater de cette époque, un gouvernement qui sut unir la viguere militaire des institutions monarchiques, à l'énergie politique des institutions libérales, s'étant assis sur des bases durables et ré. gulières, la marine britannique est devenue de plus en plus florissante. En cinq quarts de siècle, elle a soutenu six grandees guerres maritimes ; et dans chacune, elle a déployé des forces plus imposantes et mieux organisées que dans toutes les précédentes, C'est depuirs lors que l'Angleterre a réalisé ses prétentions à l'empire des mers, en occupant tous les points importans qui en sont comme les clefs.' Gibraltar, Malta et les îsles Ioniennes, lui qut assuré la domination de la Méditerranée. Avec Héligoland, elle domine vers les parages de la Baltique. Avec Sainte-Hélène, Bonne. Espérance et l'Ile-de-France, elle domine sur la route de l'Inde. Enfin l'Inde elle-même, les plus belles des Antilles, et la Canada, et Terre-Neuve, et la Nouvelle-Hollande, ont accru ses utiles domains. Voilà les conquétes que l'Angleterre a faites dee puis sa révolution, et qu'elle doit aux progrès de sa force navale. .

“ Rome seule aux temps de ses plus éclatans succès, peut vous offrir l'exemple d'un tel système d'agrandissement, qui ne soit pas l'effet unique des talens d'un grand homme, ou de l'effervescence d'une génération, élevée par les circonstances au-dessus d'elles même.

“ Voyens donc de plus près quels ont été les progrès de cette force britannique, qui dans le cours de cinq générations a produit de si grands résultats. Voici quel était le nombre des bâtimens de guerri qui la composaient, aux époques les plus remarkables des temps dont nous parlons.

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“Ce tableau nous montre qu'en 1688, il y avait, proportion gardée beaucoup de grands navires et peu de petits. Tandis qu'en 1812, ily avait presque autant de petits que de grands bâtimens, appelés navires de poste (vaisseaux et fregates).

“Mais il faut observer qu'en 1688, beaucoup de bâtimens compt taient dans la marine comme navires de poste, qui ne compten plus aujourd'hui que comme petits bâtimens. D'ailleurs, les vais. seaux ainsi que les frégates de chaque rang, sont plus grands qu'ils ne l'étaient à la fin du dix-septième siècle."

“Vers la fin du dix-septième siècle, les guerres maritimes se bor naient de la part de l'Angleterre, à livrer quelques combats avec une ou deux flottes, à faire quelques croisières, quelques blocus iso, lés, quelque entreprise spéciale et qui suffisait aux travaux d'une campagne. Mais dans le guerre navale qu'a vu commencer et finir le dix-neuvième siècle, l'Angleterre a conçu la pensée d'ataquer presqu'en même temps, les marines de la France, de l'Es. pagne, de la Hollande, du Danemarck, de l'Italie et même de l'Amès rique : elle a fait face à toutes les puissances maritimes. Non. seulement elle a bloqué tous les ports militaires qui pouvaient recéler quelque escadre ou quelque Aotille, elle a bloqué tous les ports de commerce ; et l'on a vu ce spectacle dont, jusqu'allors, aucune puissance'maritime n'avait offert l'exemple: les habitans d'une île dort Petendue est assez médiocre, sont parvenus à former, avec leurs seuls vasseaux, une ligne continue d'observation, le long de toutes les côte de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique. Tous les continens des deux mondes ont été simultanément assiégés,les îles prises de vive force, le commerce de l'univers en vahi. Enfin, après vingt ans de combats, cette puissance navale qui avait commencé la lutte avec 30 millions de sujets, l'a terminée en consolidant son empire sur 80 millions de conquis et de conquérans. Et pourtant, rappelons-nous que la Grande-Bretagne n'a jamais compté, pendant cette époque, plus de 145,000 marins ou soldats de marine, em. ployés pour opérer ces prodiges.

Grâces aux progrès de l'architecture navale, on a construit des vaisseaux capables de résister plus long-temps aux secousses journalières d'une onde agitée, et même à la violence des tempêtes. Parlà, dans toutes les saisons, ces vaisseaux ont pu tenir une croisière constante, sur les mers les plus dures, aux abords des côtes les plus dangereuses. Une carène à formes plus parfaites, doublée en cuivre pour diminuer encore la résistance à la marche ; une mâture, une voilure, un gréement mieux combinés, plus légers et plus maniables; tout s'est réuni pour rendre les bâtimens de guerre plus rapides dans leur sillage, plus agiles dans leurs évolutions, et plus aises à manceuvrer avec un moindre équipage. D'ailleurs, des constructions, des radoubs, des armemens d'une étendue et d'une activité qui surpassaient les efforts des époques antérieures, ont permis de ne ja. mais laisser un équipage inactif: revenue des plus longues compagnes il changeait de bord, ou réparait le sien au peu de jours Aussitôt après, il reprenait la mer, comme un équipage nouvellement embarqué ; parce qu'à son retour, il était aussi frais qu'à son premier départ. Des soins ingénieux, aportés par la prudence et la philanthropie, au bien-être des équipages, ont fait disparaître des vaisseaux ces épidémies qui, tant de fois, avaient suffi pour mettre hors d'état d'agir des escadres entières. En même temps, le nom. bre des maladies accidentelles, généralement diminué, rendait plus grand le service effectif d'un même nombre d'hommes levés et sol. dés par l'état Enfin, la santé de ces hommes, conservée par un régime éloigné de toute parcimonie, fortifiée par les travaux constans de la mer, affermissait les constitutions les plus débiles, et donnait une vigueur nouvelle aux tempéramens les plus robustes : doubler ainsi la force des bras, c'était doubler leur nombre c'était plus encore.

“Les 145,000 marins employés dans la plus grande activité de la guerre contre l'émpire française, valient donc bien plus que la quadruple des 42,000 qui servaient sur la flotte britannique, en 1688; et nous devons dèjà concevoir la possibilité des immenses résultats obtenus par une telle marine, durant la guerre dont nous venons d'être témoins.”—Tom. I. P. 236, 237, 238, 239, 240.

M. Dupin remarks the operation of the same prudence in our naval system, which, in his former volumes, he had pointed out in the disposition of our military force. At the commencement of 1813, at a time when the French armies had been just destroyed in Russia, and of course all fear of invasion was out of the question, a force of not less than 74 ships of the line, 80 frigates, and 220 smaller vessels, was kept in commission, in the British ports and seas, and might in eight days have been got ready to act for the defence of our coasts.

In the third chapter of this book, M. Dupin comes to the consideration of the average loss of life sustained by our fleets in the course of their campaigns; and on this subject he brings forward some curious facts. From accounts laid before the House of Commons in the year 1762, it appears, that out of 184,899 seamen and marines, who had been lost in the course of the seven years' war, 1,512 had been killed in battle, and 133,708 lost not in battle, making the total loss 135,220. These last, however, are not presumed to have died of disease or wounds, inasmuch as the number comprehended all who had been sent to the hospitals, and from whatever cause, whether death, dismission, or desertion, had not returned to the service; it seems singular, that in a war so long and so extensive as that of 1756, we should not have lost more than 1512'seamen killed in battle. M. Dupin justly remarks upon this comparison of the extent of our losses in engagements with the enemy, with that of those sustained from other causes; that all the military means resorted to, to augment our superiority in fighting, would not have preserved from death more than 1512 men, whereas the cases connected with the preservation of the health and good treatment of the crews, applied in the reduction of a loss of 133,708 men, would necessarily have effected an infinitely greater economy of human life. This truth has not escaped the attention of our government, which accordingly has made every exertion for the promotion of a work, in which, as usual, humanity is not less interested than good policy; and the good effects of these endeavours have been progressively increasing up to the present day. The following extract will demonstratively shew the fact.

“ En nous bornant aux années les plus remarquables des trois dernières guerres, comparons le nombre des marins envoyés aux hôpitaux de l'intérieur et des colonies, avec le nombre des morts et des désertés. (Nous supposons toujours un effectif de 100,000 marins, afin d'obtenir des résultats comparables.)

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