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ENCYCLOPÉDIE

MÉTHODIQUE,

OU

PAR ORDRE DE MATIÈRES;

PAR UNE SOCIÉTÉ DE GENS DE LETTRES,
DE SAVANS ET D'ARTISTES;

Précédée d'un Vocabulaire universel, semant de Table pour tout
r Ouvrage,ornée des Portraits de MM.DlDERGT & D'alemsert,
premiers Editeurs de /'Encyclopédie.

MÉTHODIQUE.

GÉOGRAPHIE ANCIENNE,

Par M. Me NTE LL E , de VAcadémie Histoire de Madrid,

de celle de Rouen, Ôc. &c.

TOME TROISIEME.

^ PARIS,
Chez PANCKOUCKE, Impr imeur-Libraire, hôtel de Thou , rue des Poitevins.

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"R OMANUM TMPERIUM. Lorsqu' Auguste s'empara, à Rome, de Fauroritó , les possessions de la république comprenoient presque toute Fétendue du monde alors connu. Du moins cet empire , car c'est le nom dont il conviait actuellement de se servir, avoit pour bornes, à Forient, FF.uplirate; au midi, les cataractes du Nil, les déserts de FEthiopie & le mont Atlas; à Fouest, FOcéan; au nord, la mer, par rapport à la Gaule, 6k le Danube , relativement aux terres qu'il arrose à sa droite , jusqu'à la Panr.Onie. Quant à la ^rtle orientale de FF^ope, les Romains h'avoïent pas encore pénétré au nord ùe la Macédoine 6k de 1?. Tiirace. Je présenterai ci-après un tableau détaillé des principales divisions de l'empire, dressé d'après la nodee qui nous reste des dignités dont étoknt alors revêtus les principaux officiers de l'empire.

Auguste avoit assez de réflexion pour sentir que le poids énorme d'un corps si vaste entraineroit immanquablement fa chute. II auroit voulu que ses successeurs, contens de donner des loix à cette immense étendue de pays, ne cherchassent pas à en étendre les limites; mais qu'ils s'oçaipassent du foin d'en augmenter la puissance ck la gloire. Cependant , non moins ambitieux que lui, 6k plus avide de conquêtes qui sembloient devoir leur procurer de nouvelles richesses, ils s'écartèrent bientôt de ses vues. Ce qu'il avoit prévu arriva; ils affaiblirent l'empire en Fagrandissant.

D'abord Claude subjuga la Grande - Bretagne; &, depuis ce prince , Trajan soumit, du côté de Forient, F Arabie, FArménie, la Mésopotamie; au nord-est de l'Europe, les deux Méfies & la Dacie. Les successeurs de Trajan eurent de même pour principe d'étendre l'empire; 6k, n'ayant pas assez de ferce pour soutenir un si prodigieux poids, ils hâtèrent eux-mêmes fa chiite. Le partage de pouvoir entre deux ou même trois 6k quatre princes, fut une des principales causes de cette décadence.

Depuis Auguste jusqu'à Marc-Aurèle, le gouvernement étoit resté entre les mains d'un seul. Cet empereur fut le premier qui s'associa un prince à l'empire: ce fut son gendre Elius Verus. Cet exemple fut imité dans Ta fuite, 6k parut même nécessaire, dans certains temps, à cause de la grande étendue de l'empire. Deux empereurs le possédoient conjointement entre eux; mais Dioclétien, «n prenant un collègue, partagea avec lui, non le pouvoir, mais l'empire. On en usa de même à Fégard des Césars, espèces d'empereurs présomptifs: il leur fut aslìgne des départemens. Mais ces Césars étoient toujours soumis aux empereurs , qui kur nommoient leurs principaux officiers. Ils ne portèrent pas non plus le diadème ou bandeau royal. Cette marque de l'autorité suprême étoit

Gioçraphit ancuntu. Tcmt 111.

réservée aux seuls empereurs, que l'on distinguoit des Césars par le titre d'Auguste,

Galère 8í Constance Chlore n'ayant pu s'ac■ corder, firent réellement de l'empire deux empires séparés. Constantin imita leur conduite; mais la vanité d'avoir une ville nouvelle, qui lui dût l'avantage d'être la capitale d'un état si vaste, porta un coup terrible à cet Sîat. L'Italie perdit ses cultivateurs . py^que tous esclaves des grands, qui fuiVirent le prince; 6k les soldats , placés dans de grandes villes , ne furent plus à portée de défendre lés fronrières.

Les fils de Coníhr.rin-le-Grand firent un autre partage de l'empire, qui, apr~ ÌZ"' TM?rt; reviat dans tout son entier à Constance, puis à Julien, surnommé Y Apostat ; msis on avoit porté les coups les plus funestes à fa grandeur. Et, quoiqu'il continuât d'être gouverne de la même manière jusqu'à Valentinicn , il ne reprit rien de.fa force passée. Valentinicn, qui ne voyoit pas combien ces vicissitudes étoient funestes, partagea l'empire avec son frère Valens, auquel il céda Forient, en sc réservant l'oecident. Théodose leur succéda, 6k gouverna seul; mais à fa mort il fit, entre ses deux fils, un partage qui devint permanent, 6k duquel on compte réellement le partage de l'empire.

Arcadius eut Forient,
Honorais eut l'oecident.

Cet événement eut lieu Fan 395. Le siège de l'empire étoit alors à Constantinople, où Constantin Favoit transporté Fan 330.

L'empire d'Arcadius comprenoit FEgypte, les deux Libyes jusqu'à la grande Syrte, la partie de FAsie alors soumise aux Romains, 6k une partie de FEpire jusqu'au Drilus, rivière d'Illyrie.

Honorius possédoit tout ce qui étoit à l'oecident, en Europe 6k en Afrique.

Cependant ces deux princes gouvernoient, pour ainsi dire, en commun; leurs états ne formoient qu'un même empire. Mais fous Valentinien III, & sous Martien, les Barbares s'emparèrent de la Bretagne. Vers Fan 406, les Vandales, les Alains, les Suèves, venus d'au-delà du Rhin, sc jetèrent fur la Gaule 6k la dévastèrent. Les Wisigoths , ou Goths de Fouest, s'y établirent, après avoir pillé Rome en 410. Ces refoulemens, si l'on peut s'exprimer ainsi, des peuples du nord fur ceux du midi, accablèrent ces derniers, trop foibles pour leur opposer une digue capable de les contenir. Enfin , l'empire d'Occident finit en la personne d'Auguste, vaincu par Odoacre, Fan 476.

Mais arrêtons-nous un peu aux divisions géographiques que j'ai annoncées précédemment.

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