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CHEZ A. NEPVEU, LIBRAIRE,
PASSAGE DES PANORAMAS,

x° 26;
ET CHEZ L. DE BURE, LIBRAIRE,

RUE GUÉNÉGAUD, N 27.
M. DCCC XXIV.

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On n'a pas assez apprécié les difficultés que présente la biographie, lorsqu'on veut l'écrire avec l'exactitude qu'elle exige, et avec tous les développements qu'elle comporte. L'histoire générale repose sur des documents qu'on s'empresse de publier à mesure que les événements se succédent; mais quand l'histoire particulière est le mieux connue, c'est un devoir de ne point la divulguer, et lorsqu'elle pourroit être écrite sans inconvénient, elle a cessé d'être connue. Ce n'est qu'après l'extinction de plusieurs générations que, sous la plume du biographe, la vérité peut se montrer au grand jour pour l'instruction des hommes, si elle ne veut pas devenir la complice de leurs passions haineuses ou de leurs envieuses rivalités. Mais alors elle ne se présente plus qu'avec des souvenirs confus, et des traits altérés par le temps. L'historien politique s'occupant toujours de faits éclatants qui ont été proclamés par la renommée, ou constatés par des actes publics, éprouve peu d'embarras pour réunir les matériaux de ses récits. Souvent même des mains savantes lui en ont épargné la peine, en formant de précieuses collections qui les renferment tous. Le biographe ignore, en débutant, où il trouvera les siens. Personne ne s'est occupé à lui en faciliter la recherche. Il faut que dans l'incertitude où il est, il interroge tous les contemporains de celui dont il a entrepris d'écrire la vie; qu'il consulte les mémoires qu'ils nous ont laissés, leurs correspondances, leurs productions en vers et en prose; leurs ouvrages

les plus badins comme les plus sérieux; leurs livres les plus insipides comme leurs plus admirables chefs-d'oeuvre. Il faut qu'il supplée à leurs réticences, discerne leurs allusions, qu'il se place pour ainsi dire au milieu d'eux, qu'il apprenne à connoître leurs caractères, leurs préjugés, leurs affections; qu'il déméle les fils des intrigues les plus fugitives, détermine la durée des liaisons les plus passagères, et apprécie les effets des intérêts les plus mobiles. Et, comme les choses qu'il lui importe le plus de connoître sont celles qu'on a cachées au public avec plus de soin, il faut qu'il supplée à l'insuffisance des documents imprimés, par des documents manuscrits auxquels il lui est difficile d'avoir accès, et dont la consultation entraîne toujours un travail pénible et fastidieux.

Sans doute les difficultés que je viens d'exposer ne se rencontrent pas également dans l'histoire de tous les

personnages célébres; mais j'ose dire qu'elles se trouvoient toutes rassemblées dans celle que l'on va lire; et il étoit nécessaire d'en faire la remarque afin de concilier à son auteur l'indulgence des lecteurs.

Dans la première édition de cet ouvrage, qui fut publiée il y a trois ans, je n'avois pu remplir que d'une manière très incomplete le plan que je m'étois prescrit. Une seconde édition parut l'année suivante avec des améliorations considérables. J'entrepris ensuite de donner une édi. tion complète des ouvres de La Fontaine. Les recherches qu'elle m'a obligé de faire m'ont fourni les moyens de donner enfin dans cette troisième édition la dernière main à l'histoire de vie de notre fabuliste.

La seconde édition, quoique moins défectueuse que celle qui l'avoit précédée, se trouvoit cependant, à cause de son format, dépourvue des notes et des citations qui,

dans la première, faisoient connoitre aux lecteurs les autorités et les documents sur lesquels s'appuient les récits contenus dans le texte. Ces citations, base indispensable de toute bonne oeuvre historique, ont été rétablies dans cette troisième édition, et considérablement augmentées; mais, au lieu d'étre placées à la fin du volume comme précédemment, elles ont été mises au bas des pages.

Par
ce moyen

il sera plus facile de les consulter et d'apercevoir les parties du texte auxquelles elles se rapportent. J'ai dû cependant m'abstenir de reproduire les notes de la première édition où se trouvent discutés plusieurs faits relatifs à mon sujet, ou qui avoient avec lui des rapports plus ou moins directs; mais j'ai cité ces notes et j'y ai renvoyé les lecteurs toutes les fois que j'ai eu à m'appuyer sur les résultats qu'elles renferment; j'en ai usé de même relativement aux préfaces, aux dissertations, et aux annotations, contenues dans l'édition in-8° des OEuvres de La Fontaine que j'ai publiée. C'est aussi à cette édition que je me réfère

passages

de notre poëte que j'ai eu occasion de citer. Mais j'ai placé, cette fois, à la fin de mon ouvrage, plusieurs pièces justificatives qui ne se trouvent dans aucune des deux précédentes éditions, et qui, à cause de leur longueur, ne pouvoient trouver place dans les notes.

Quelques personnes qui veulent bien prendre part aux fruits de mes veilles, lorsque je leur confiai le dessein de cette histoire, m'engageoient à traiter un sujet plus vaste, et par cela même, selon elles, plus intéressant. Le succès a prouvé que je ne m'étois pas mépris sur le choix de mon sujet. je savois que selon la manière dont je l'envisageois il n'étoit pas aussi restreint dans ses limites, ni d'un intérêt aussi foible qu'il paroissoit au

pour tous les

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