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Bevue du monde. —- Tibère. —- Caligula. — Claude. — Néron. -—- Mœurs. -— Jésus-Christ. — commencements du christianisme. — Galba, Othon, Vitellius. -— Vespasien; (in des Juifs. — Les_Flaviens. — Nerva,Trajan. —Adrien. — Les Antonins. — L’empire sous les Antonins. — Mœurs, richesse , commerce. -— Philosophes moralistes. — Sciences. — Littérature lntine. — Littérature grecque. —- Historiens. — De Commode à Sévère. — De Caracalla à Alexandre. —- Rétablissement de l'empire perse. — De Maximin à Claude ll. —e De Claude 1l à Dioclétien. — Empereurs associés. — Age héroïque du christianisme. -— Persécutions. — Apologies et controverses. —— Paix et constitution de l’Église. — Syncrétisme religieux. — Philosophie éclectique. — Philosophie chrétienne. — Littérature ecclésiastique. — Beaux-arts. — Épilogue. — t

CHAPITRE PREMIER.

REVUE DU MONDE.

Strabon, Pline, Ptolémée, offrirent dans le siècle que nous abordons la description du monde connu; ils firent comme un inventaire des pays dominés ou exploités par Rome. Nous nous proposons de les parcourir sur leurs traces, sur celles des historiens et

des compilateurs, pour reconnaître le théâtre sur lequel agit l’humanité (l).

(I) Il laut ajouter à ces trois géographes DENYS Prînnâcizrs, auteur d‘un abrégé en beaux vers grecs, Ileptñynatç olxoouévnç, et Pourourus MÉLA, non moins aride qu’obscur dans le sien. Le premier ne fait guère que mettre Strabon en vers; l'autre suit Ératosthèue, en nous conservant des détails empruntés sans doute à des ouvrages qui n’existent plus, et dans lesquels il n’eut pas assez de critique pour faire un choix éclairé. Le naufrage qui a englouti tant d'ouvrages a épargné le Périple de la mer Rouge, dblnnrsu, négociant romain, probable

T. v. i

Les anciens divisaîent la terre en cinq zones : deux glacées, aux pôles; une torride, entre lestropiques: toutes trois inhahitéeset inhahitables; et entre elles deux zones tempérées, del'une a l’autre desquelles il était impossible de passer. Les connaissances géographiques étaient donc limitées à notre zone septentrionale, qui, en excluant les antipodes, embrassait trois parties du globe, FAsie , la Libye et l’Europe, environnées par l’Oeéan (l).

L’Asie était, au dire de Strabon, la contrée la mieux connue des géographes, grâce aux expéditions d'Alexandre; mais ils étaient abusés par la fausseté des relations, et il y avait erreur dans les méridiens auxquels ils rapportaient les lieux. Le Taurus (et ils comprenaient sous ce nom des montagnes tout à fait distinctes de cette chaîne) traversait, selon les anciens, l’Asie entière, à commencer par le pays qui se trouvait en face de Rhodes jusqu'à Tiné, dernière limite orientale , sur une longueur de quarante-cinq mille stades: de sorte que cette partie du monde s’étendait pour eux partie en deçà, partie au delà du Taurus.

Aslc en deçà L’Asie en deçà du Taurus avait pour limites le ‘fanais, les Pa

du Taurus. . . t . p . . lus-Meotldes, Phuxm , Pocean septentrional, la mer Caspienne, et la langue de terre qui la sépare de l‘Euxin.

1" région. Au nord, les Scythes erraient sur des chars : de ce côté se trouvaient aussi les Sarmates, issus des premiers, et les Scyraces, dont quelques-uns étaient nomades et d’autres agriculteurs, ayant pour capitale Uspa, vaste amas de huttes d’osier, à trois jours de marche du Tanais. Sous le règne de Claude, ils furent exterminés par les Romains , aidés des Aorses , autre nation des rives septentrionales de la mer Caspienne. Elle mettait sous les armes deux cent mille cavaliers, et ses marchands s’en allaient sur des chameaux , à travers

meut établi à Alexandrie; et les Stalhmi Parthici dïsidore de Charax , compilalion ridicule sur ces peuples redoutables.

Voyez, parmi les modernes z

Gossnuu , Géographie des Grecs analysée. -— Recherches sur la géographie des Grecs.

Gxrrnaen, Géographie pour servir dïnlroditclion à. Fllist. universelle (allemand).

MANNERT, Géographie des Grecs et des Romains.

MALTE-BRUN, Histoire de la géographie.

Wncxeaana, Géographie ancienne, historique et emparée des Gaules Gisalpine et Transalpine , stiivie de l'analyse géographique des itinéraires anciens; Paris, 1839.

(i) Voy. le Songe de Scipion.

FArménieet la ltlédie, chercher les riches denrées de PInde et de la Babylonic. Peut-être appartenait-elle à la célèbre famille des Huns (1). Diverses nations, désignées par les Grecs sous le nom de filéotes , habitaient dans le voisinage des Palus-Méotides : aux environs du Bosphore étaient les Sindes, les Aspurgiens , les Achéens et les Énioques, qui se livraient à la piraterie le long des côtes de l’Euxin ,' et déposalent leur butin dans les forêts de chênes de leurs montagnes escarpées. Plus à l’intérieur se trouvaient les Ziges , les Cercètes, qui peut-être sont les aïeux des Cireassiens; les Macropogons, ou Longues-Barbes; les Phthirophages ou Mange-Vers; les vaillants Soanes, dont le pays renfermait des mines d’0r. Plus loin, dans la Géorgie , étaient les Ibères, divisés en quatre castes : de princes, de prêtres, de guerriers et de serfs. L’Albanie avait pour habitants des peuples assez polices, et enrichis par le commerce.

On n’allait plus alors dans la Colchide chercher la toison d’or, mais des toiles fines, de la cire, du goudron, et l'on n'y avait plus à redouter les terribles Amazones.

La deuxième région s’étendait de la rive orientale de la mer Caspienne jusqu'aux portions de la Scythie qui continent à l’Inde et à l'océan oriental. Ces pays étaient occupés, sans parler des Scythes, par les Hyrcaniens, les Sogdiens et les Bactriens; ces derniers faisaient anciennement dévorer leurs vieux parents par les chiens; mais les usages grecs finirent par s’introduire parmi eux, et alors s’embellirent leurs villes de Balk et de Maracanda (Samar-Iiand). Les mines de l’Asie septentrionale fournissaient du travail à ces populations, et à d’autres moins considérables. La Scythie propre devait se diviser en Sarmatique et en Asiatique, la première correspondant a la Tartarie, Fautre au Mogol. Les peuples qui avaient pris part aux vicissitudes des régions civilisées disparaissent-de l’histoire après Mithridate; peut-être prospérèrent-ils au cœur de la Russie, jusqu’à l'époque où, les Germains et les Huns ayant abandonné la rive droite de l’Elbe, ils y revinrent, mêlés aux Sarmates, sous le nom nouveau de Suèves (2).

(t) Denys Périégète, contemporain de Strabon , place les 01m2’ aux mêmes lieux où ce dernier met les Aorses. Plolémée fait habiter les Ohunî sur le Boryslhene. Aior en langue scythe signifie homme, et il parait que Han a la même signification.

(2) HALLING, Geseh. der Slryten, etc.; Hisloire des Scythes et des Aile. mandsjrtsqtrà nos jours. Berlin, I835.

lle région.

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Quand de la Bactriane on venait par la Partbiène, les Portes Caspiennes donnaient entrée, à travers de sombres gorges infestées de serpents, dans les vastes plaines de la Médie, fécondées par mille ruisseaux. Là Ecbatane et Ragès couservaient les débris de la magnificence perse, et le mage continuait à rendre au feu un culte innocent, près des sources de naphte. Une partie de la Médie, devenue indépendante au temps d’AIexandre, a conservé jusqu’ici. le nom d’Atropatène (Aderbaïtljan ).

Les montagnes qui ferment la Médie à Foccident avaient pour habitants les hordes errantes des Cyrtes, probablement les Kurdes d‘auiourd'hui, devant lesquelles s'arrêtèrent les armées de MarcAntoine, de Trajan et de Julien. L’Arménie, déjà puissante au temps de Pompée, après avoir vu son roi Artavasd orner le sanglant triomphe (FAntoine et de Cléopâtre , ne supporta que peu de temps la domination d'AIexandre leur fils; elle secoua le joug étranger. Biche alors autant que forte , elle était surtout fière de deux cités florissantes, Artaxate et Tigranocerte, qui, entre le quatrième et le cinquième siècle, furent éclipsées par Théodosiopolis. Celle-ci fut à son tour effacée par Arzern (E rzerounnet par d’autres villes, où l'on parle encore la langue dans laquelle se chantaient des hymnes voluptueux à Anaitis.

Les plaines arides de la Cappadoce, encloses par le Taurus et par l’Anti-Taurus, fournissaient du froment en abondance et des cbevaux d’une extrême légèreté. Les murs de cent places fortes, et la ville de Mazaca (Césarée, Kaisariéh), y renfermaient une population de race araméenne, qui avait préféré un maître absolu a la liberté offerte par les Romains, et s’eurichissait à vendre des esclaves (1). Dans la Cataonie s'élevait le temple de Ma, dont le pontife était presque le souverain de la ville construite alentour.

La partie de la Cappadoce voisine de I’Eupbrate, appelée aussi petite Arménie, était couverte de jardins et de vignobles. Les côtes sur PEuxin avaient pris le nom de royaume de Pont. Quelques-uns de leurs habitants, appelés Mosynèques, des hautes tours (mosyni) dans lesquelles ils mettaient leur butin à l'abri, faisaient usage de bateaux d’écorce; ils allaient nus, le dos peint, et prenaient leurs ébats publiquement avec leurs femmes. Les soldats de Pompée , comme ceux de Xénophon, reçurent d’eux un hydromel

(i) Mancipiis locuples, egel (Pris Cappadocunz raz. Homos.

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